COP21 : Fabius s'alarme du retard pris sur la ratification de l'accord de Paris

L'ancien chef de la diplomatie française, qui a présidé la COP21, signe une tribune dans "Le Monde", mardi.

Laurent Fabius, à l\'Elysée, le 10 février 2016.
Laurent Fabius, à l'Elysée, le 10 février 2016. (YANN KORBI / CITIZENSIDE.COM / AFP)

L'accord de la COP21, qualifié d'historique, est-il en danger ? Laurent Fabius, ancien président de la Conférence de Paris, tire la sonnette d'alarme dans une tribune publiée, mardi 30 août, par Le Monde. Il s'inquiète du retard pris dans la ratification de l'accord sur le climat, adopté en décembre 2015. L'ancien chef de la diplomatie française juge "vitale" une accélération du processus.

"A l'immense satisfaction d'avoir réussi, en décembre 2015, la conférence mondiale de Paris sur le climat succède aujourd'hui, chez moi comme chez beaucoup d'autres, une inquiétude", écrit le président du Conseil constitutionnel. 

"Des difficultés majeures apparaissent"

"Seule (...) une action volontariste, mondiale, rapide et multiforme peut encore éviter la tragédie : c'est précisément le but des 29 articles et 140 paragraphes de décisions, ainsi que des accords divers que tous les pays du monde ont agréés lors de la COP21, souligne Laurent Fabius. Or, les inquiétudes sur leur application se multiplient. Des difficultés majeures apparaissent ou se confirment qu'il serait irresponsable d'occulter."

Adopté le 12 décembre 2015 lors de la Conférence des parties à la convention climat à Paris, le texte, qualifié d'historique, jette les bases d'une maîtrise des émissions de gaz à effet de serre à l'origine des dérèglements climatiques. Il fixe le cadre d'engagements politiques, économiques et financiers visant à contenir la hausse de la température moyenne de la planète "nettement en-dessous de 2°C" en 2100, par rapport aux niveaux pré-industriels.

Fabius pointe la Chine, les Etats-Unis et l'Union européenne

L'accord a reçu l'approbation de 195 pays et a été signé le 22 avril à New York, au siège de l'ONU, par 175 pays. Pour entrer en vigueur, il doit être ratifié par au moins 55 Etats, représentant plus de 55 % des émissions de gaz à effet de serre.

Or, "nous en sommes à moins de 2% !, souligne Laurent Fabius. Des promesses sont données, mais le fait est, qu'aujourd'hui, ni la Chine, ni les Etats-Unis, ni l'Union européenne, ni l'Inde, ni la Russie - les cinq premiers émetteurs mondiaux de CO2 - n'ont encore franchi le pas. Il est vital, au sens propre, qu'ils le fassent et vite."

Lors de la conférence des ambassadeurs, mardi, François Hollande lui a emboîté le pas. "Tous les pays européens doivent ratifier l'accord avant la fin de l'année", a martelé le chef de l'Etat. Il a également précisé qu'une réunion était prévue au siège de l'ONU, le 21 septembre, pour "accélérer" le processus.