Climat : les banques françaises s'engagent à ne plus financer certains projets d'hydrocarbures non conventionnels

Pour l'ONG Reclaim Finance, c'est insuffisant, car les banques "revoient à la marge les mesures qu'elles avaient déjà prises pour la plupart et semblent s'aligner sur le plus petit dénominateur commun".

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Des forages pétroliers, près de Williston, dans le Dakota du Nord, aux Etats-Unis, le 12 octobre 2013. (MAXPPP)

Une avancée de taille pour le secteur bancaire, une annonce décevante pour les ONG. Les six plus grandes banques françaises ont annoncé lundi 18 octobre, à deux semaines de l'ouverture de la COP26 à Glasgow, s'être mises d'accord pour ne plus financer certains projets dédiés aux hydrocarbures non conventionnels, comme le gaz de schiste, à partir de 2022.

BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale, BPCE, Crédit mutuel et la Banque postale cesseront également de financer les entreprises "dont la part d'hydrocarbures non conventionnels dans l'exploration et la production [pétrole de schiste, gaz de schiste et sables bitumineux] serait supérieure à 30 % de leur activité", précisent les établissements dans une tribune dans les colonnes du journal Les Echos.

"C'est une avancée majeure, une première mondiale, qui traduit une fois de plus la détermination des banques françaises d'être leaders d'une transition globale, durable et responsable", a vanté Laurent Mignon, président du directoire du groupe BPCE et président de la commission climat de la Fédération des banques françaises (FBF), cité dans le texte.

"Du réchauffé enrobé d'un plus grand flou"

Si cet engagement concerne le secteur, la plupart des acteurs avaient déjà bougé sur ce sujet. BNP Paribas, par exemple, avait déjà pris des engagements similaires en 2017, tout comme Natixis, filiale de BPCE, en 2020. La semaine dernière, la Banque postale a même annoncé la sortie des secteurs du pétrole et du gaz d'ici à 2030.

En ce sens, les annonces de lundi ne sont que "du réchauffé enrobé d'un plus grand flou", a réagi auprès de l'AFP Lucie Pinson, directrice de l'ONG Reclaim Finance. "Elles revoient à la marge les mesures qu'elles avaient déjà prises pour la plupart et semblent s'aligner sur le plus petit dénominateur commun, faisant le jeu des plus gros financeurs des énergies fossiles de la place", a tancé Lucie Pinson qui fustige le seuil de 30%, insuffisant pour empêcher de nouveaux projets selon elle, et l'absence de certains pétrole et gaz non conventionnels, comme les forages en Arctique ou en eaux profondes.

Les banques françaises ont également rappelé leur promesse de sortie programmée du charbon faite en 2019 et saluée à l'époque par les organisations écologistes. A la fin de 2020, le financement des entreprises impliquées dans le charbon ne représentait "plus que" 2,1 milliards d'euros, soit 0,16% du portefeuille de crédit aux entreprises. En parallèle, le financement des énergies renouvelables a atteint 44,3 milliards d'euros en 2020, soit une augmentation de 68% en quatre ans, se félicite la FBF.

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