Climat : la planète a peut-être déjà franchi un point de non-retour, alerte un scientifique

"La disparition de la banquise d'été dans l'Arctique est l'une des premières mines dans le champ de mines", a expliqué Markus Rex, responsable de la plus grande expédition scientifique jamais menée au Pôle Nord.

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Le glacier d'Apusiajk, au Groenland, le 6 juillet 2020. (PHILIPPE ROY / AFP)

C'est le pire scénario envisagé par les scientifiques : la bascule du monde dans un réchauffement climatique irréversible. Cet engrenage a peut-être déjà été enclenché, avec des conséquences désastreuses pour les glaciers du Pôle Nord autant que pour la Grande barrière de corail, alerte Markus Rex, responsable de la plus grande expédition scientifique jamais menée au Pôle Nord, dans une conférence de presse tenue à Berlin, mardi 15 juin.

"La disparition de la banquise d'été dans l'Arctique est l'une des premières mines dans le champ de mines, l'un des points de basculement que nous déclenchons en premier lorsque nous poussons le réchauffement trop loin", a expliqué le chercheur climatologue et physicien, huit mois après son retour de la mission internationale menée en Arctique. Et de poursuivre : "On peut vraiment se demander si nous n'avons pas déjà marché sur cette mine et déjà déclenché le début de l'explosion".

Des conséquences "en cascade"

Si ce point de basculement a déjà été franchi, il pourrait déclencher des effets néfastes "en cascade", a averti le scientifique. Le réchauffement climatique pourrait alors s'aggraver et entraîner "la disparition de la calotte glaciaire du Groenland ou le dégel de zones toujours plus vastes du permafrost arctique", qui n'auront d'autre effet que d'augmenter à leur tour la température terrestre. La planète pourrait déjà être embarquée dans cette boucle infernale, car le recul de la banquise en été est considéré par les scientifiques comme "l'épicentre du réchauffement global".

Or, les observations réalisées par les équipes internationales au Pôle Nord sont préoccupantes. En octobre 2020, au retour du brise-glace Polarstern de l'institut allemand Alfred-Wegener à son port d'attache, le chef de la mission avait prévenu que la banquise fondait à "une vitesse dramatique". Le chercheur a prévenu que "seule l'évaluation des prochaines années permettra de déterminer si nous pouvons encore sauver la banquise arctique présente toute l'année grâce à une protection cohérente du climat"

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