Climat : l'administration Trump veut supprimer les limites légales de fuites de méthane, puissant gaz à effet de serre

L'industrie pétrolière et gazière, qui bénéficierait de cette dérégulation, y est majoritairement opposée.

Un puits de pétrole, au Texas, le 11 février 2019.
Un puits de pétrole, au Texas, le 11 février 2019. (NICK OXFORD / REUTERS)

Le détricotage se poursuit. L'Agence de protection de l'environnement américaine (EPA) a annoncé jeudi 29 août son intention d'abroger des réglementations environnementales qui visent à limiter les fuites de méthane dans les puits d'extraction de gaz et les gazoducs. La proposition vise à "supprimer tout réglementation inutile et redondante pesant sur l'industrie", a déclaré l'administrateur Andrew Wheeler. Contre toute attente, des géants pétroliers, dont BP, Exxon Mobil et Royal Dutch Shell, réclament pourtant le maintien de ces limites adoptées pour lutter contre le réchauffement climatique sous Obama.

Shell s'est engagé à réduire ses fuites de méthane à moins de 0,2% d'ici 2025, a indiqué la présidente de Shell aux Etats-Unis, Gretchen Watkins, jeudi dans un communiqué. "Malgré le projet de l'administration de ne plus réglementer le méthane, les opérations américaines de Shell continueront à contribuer à notre objectif mondial", a-t-elle déclaré.

L'administration justifie sa décision par le fait que les industriels sont déjà incités économiquement à limiter les fuites de gaz, puisque toute fuite réduit le chiffre d'affaires. Elle estime que sa décision économisera 17 à 19 millions de dollars par an au secteur. Interrogée sur l'opposition émanant du secteur même que la déréglementation est censée aider, une responsable de l'administration a répondu : "il y a aussi des petites et moyennes entreprises", a dit Anne Idsal, chargée de la protection de l'air à l'EPA, ajoutant : "On n'empêche personne d'aller au-delà" des futures réglementations.

Le méthane est un gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone (CO2). Si moins de tonnes de méthane sont émises au total que de CO2, son pouvoir réchauffant dans l'atmosphère est 25 fois supérieur.