Cinq pays détiennent 70% des espaces sauvages restants sur la Terre

Ces espaces sauvages, préservés de l'activité humaine, ne représentent plus que 23% de la surface de la planète. Entre 1993 et 2009, une surface équivalente à l'Inde a été perdue.

Un bateau dans l\'Etat d\'Amazonie (Brésil), le 28 juin 2018.
Un bateau dans l'Etat d'Amazonie (Brésil), le 28 juin 2018. (MAURO PIMENTEL / AFP)
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Les territoires vierges d'activité humaine ont fondu en un siècle. Les espaces restants sont en grande partie concentrés dans cinq pays : l’Australie, les Etats-Unis, le Brésil, la Russie et le Canada, selon un article publié mercredi 31 octobre dans la revue Nature (en anglais). La France se classe en sixième position grâce à ses espaces maritimes.

Les espaces sauvages – terres et mers –, préservés par l'expansion humaine et l'exploitation des ressources naturelles (forêts, énergies fossiles, terres arables...) à une échelle industrielle, représentent aujourd'hui 23% de la Terre, dont 70% sont concentrés dans cinq pays (hors Antactique). Il y a un siècle, cette surface représentait encore 85%. Entre 1993 et 2009, une surface équivalente à l'Inde a été perdue.

Capture écran de la revue \"Nature\", le 1er novembre 2018.
Capture écran de la revue "Nature", le 1er novembre 2018. (CAPTURE ECRAN/NATURE)

Ces terres vierges constituent des refuges vitaux pour des milliers d'espèces menacées par la déforestation ou la surpêche. De plus, les forêts et les océans stockent de grandes quantités de carbone et constituent un auxiliaire essentiel pour lutter contre le réchauffement climatique. Ils sont aussi essentiels pour les populations indigènes qui y vivent.

Les chercheurs se sont appuyés sur des données partagées pour mesurer l'impact humain sur la vie sauvage à travers huit indicateurs, dont les espaces cultivés, les infrastructures ou encore l'urbanisme. Pour les océans, ils ont utilisé des données sur la pêche, le transport maritime et la pollution. Résultat, seuls 13% des mers sont peu ou pas affectés par les activités humaines, principalement dans les pôles. Cette étude est publiée quelques jours après le rapport Planète vivante du WWF. A cause de l'activité humaine, la Terre a vu ses populations de vertébrés sauvages décliner de 60% entre 1970 et 2014.

Comme l'extinction des espèces, l'érosion des espaces sauvages est globalement irréversible.Des chercheursdans la revue "Nature"

Les scientifiques plaident pour une législation plus stricte afin de protéger ces terres des visées industrielles et une réforme des financements pour mieux protéger les forêts.