Arabie saoudite, Koweït, Birmanie... Comment la climatisation met les réseaux électriques de certains pays sous tension

Les chaleurs extrêmes ont causé de nombreux morts au cours du pèlerinage à La Mecque cette année. L'Arabie saoudite, comme d'autres pays du Golfe et d'Asie du Sud, fait face au défi de la climatisation.
Article rédigé par franceinfo
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Des systèmes de climatisation installés sur un immeuble de Dacca, au Bangladesh, le 17 octobre 2021. (MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS via AFP)

Plus de 1 000 pèlerins sont morts à La Mecque pendant le Hadjj, le grand pèlerinage annuel des musulmans. Un grand nombre de ces morts est dû aux fortes chaleurs qui sévissent en Arabie saoudite, avec des températures atteignant plus de 51 degrés Celsius. Plusieurs centaines de victimes n'étaient pas enregistrées officiellement et n'ont donc pas eu accès aux installations climatisées pour se rafraîchir. La climatisation est par ailleurs une technologie surutilisée dans les pays qui souffrent de la chaleur, mettant la production et les réseaux électriques en grande difficulté.

Un défi pour les pays du Golfe...

Le chiffre est particulièrement frappant concernant l'Arabie saoudite. Selon une étude de l’Université d'ingénierie de Djeddah, 70% de l’électricité consommée dans le pays est utilisée pour la climatisation, quand cela représente à peine 2% en France. Le pays, premier exportateur de pétrole au monde, engloutit un tiers de sa propre production d'or noir pour alimenter ses centrales électriques et cela se fait à un rythme qui s'accélère. Pour le moment les réseaux ne saturent pas, mais cela constituera un réel défi pour le pays dans les prochaines années.

Son voisin, le Koweït, n'avait en revanche pas anticipé les fortes chaleurs du mois de juin. Plusieurs régions du pays ont subi cette semaine des coupures de courant imposées d'une à deux heures par jour. En cause, selon les autorités : l'incapacité des centrales à répondre à cette explosion de consommation due à la climatisation. C'est la première fois que de telles mesures sont prises dans ce pays pourtant très puissant économiquement, mais qui n’a pas investi suffisamment dans de nouvelles centrales. En attendant, le Koweït a signé des contrats d'achat d'électricité avec ses voisins d'Oman et du Qatar mais seulement pour cet été, ce qui représente une solution à très court terme.

... et d'Asie du Sud

Mais il n'a pas que dans les pays du Golfe que les chaleurs records mettent les réseaux électriques à rude épreuve. C'est aussi le cas en Asie du Sud. Avec la canicule, la demande en énergie a atteint un niveau record en début de semaine dans le nord de l'Inde avec des pannes localisées. Le gouvernement n'a pu éviter le black-out généralisé qu'en augmentant ses importations de courant des régions voisines. En Inde, pour l'instant, les trois quarts de l'électricité sont produits grâce à des centrales à charbon. 

En Asie du Sud-Est, la hausse des températures et des salaires pourrait faire passer le nombre de climatiseurs de 40 millions en 2017 à 300 millions d'ici 2040 selon les prévisions de l'Agence internationale de l'énergie, ce qui s'avère compliqué pour certains pays qui ont déjà du mal à s'adapter, tel la Birmanie. Ce pays ne produit qu'environ la moitié de l'électricité dont le pays a besoin chaque jour. 

Il faut dire que chaleur et production électrique ne font pas forcément bon ménage. L'Agence internationale de l'énergie a dressé une liste des risques. Des eaux plus chaudes peuvent réduire les capacités des centrales thermiques, même chose pour les éoliennes avec un air brûlant. Et au-delà de 25°C, la performance des panneaux photovoltaïques baisse également.

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