Climat : record de chaleur à Alert, au Canada, le point habité le plus au nord de la Terre

Selon la météo canadienne, le mercure a atteint 21 °C dimanche dans cette base militaire établie à moins de 900 km du pôle Nord.

Un officier canadien à Alert (Canada), le 16 octobre 2004.
Un officier canadien à Alert (Canada), le 16 octobre 2004. (STEPHANIE PERTUISET / AFP)

Toujours plus chaud. Le mercure a atteint 21 degrés Celsius dimanche à Alert (Canada), endroit habité le plus septentrional de la planète, à moins de 900 km du pôle Nord. Il s'agit d'un "record absolu" de chaleur pour cette station, a indiqué mardi 16 juilet la météo canadienne. "C'est un record absolu, on n'a jamais vu ça", a souligné Armel Castellan, météorologue au ministère canadien de l'Environnement.

C'est assez phénoménal comme statistique, c'est un exemple parmi des centaines et des centaines d'autres records établis par le réchauffement climatique.Armel Castellan, météorologueà l'AFP

Base militaire permanente établie au 82e parallèle, servant notamment à intercepter les communications russes, Alert abrite depuis 1950 une station météo. Il faisait 17,6 °C mardi "et ça peut encore monter", a relevé Armel Castellan. "Ce n'est pas exagéré d'appeler cela une vague de chaleur arctique", a dit de son côté David Phillips, climatologue principal au ministère canadien de l'Environnement, en notant qu'il s'agissait "de records pour chacune de ces journées".

Un record datant de 1956 

De telles températures élevées aussi au nord, "c'est complètement foudroyant", selon Armel Castellan, d'autant que "ça fait une semaine et demie qu'on a des températures beaucoup plus chaudes qu'à l'habitude". Le précédent record – 20 °C – remontait au 8 juillet 1956 mais, depuis 2012, plusieurs journées comprises entre 19 et 20 °C ont été enregistrées dans cette station située sur le rivage de l'océan Arctique.

La moyenne quotidienne pour un mois de juillet est de 3,4 °C à Alert et la moyenne des températures maximales y est de 6,1 °C. La vague de chaleur actuelle s'explique par une "crête de haute pression" qui se maintient sur le Groenland, ce qui est "assez exceptionnel" et "aide à avoir des vents du sud" sur l'océan Arctique, a observé Armel Castellan.