Brevet reporté : "Et si les parents n'apportent pas la preuve de l'empêchement majeur, il va se passer quoi ?"

Une représentante de la fédération de parents d'élèves Peep s'interroge sur les preuves à apporter pour passer le brevet des collèges à la session de septembre plutôt que début juillet.

Des collègiens passent le brevet à Quimperlé, le 23 juin 2016 (illustration).
Des collègiens passent le brevet à Quimperlé, le 23 juin 2016 (illustration). (FRANCOIS DESTOC / MAXPPP)

Après avoir reporté les épreuves écrites du brevet des collèges à lundi et mardi prochains au lieu de jeudi 27 et vendredi 28 juin (sauf pour la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique) en raison de la canicule, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a déclaré sur franceinfo qu'il sera possible pour les élèves, "en cas d'empêchement majeur" pouvant être justifié, de passer les épreuves en septembre. "Et si les parents n'apportent pas la preuve, il va se passer quoi ?", s'interroge Myriam Menez, la présidente de la Peep en Val-de-Marne, antenne départementale de la Fédération de parents d'élèves, mardi 25 juin sur franceinfo.

franceinfo : Le ministre de l'Éducation nationale affirme que des élèves pourront passer le brevet en septembre en cas d'empêchement majeur la semaine prochaine. Les billets de train et d'avion doivent-ils servir de preuve dans ces cas-là ?

Myriam Menez : Il faudrait que ça en fasse partie et en oubliant que, pour certaines familles, on se déplace en voiture et c'est difficile de fournir une preuve dans ces cas-là. Il y a des organisations familiales aussi, les parents s'organisent pour emmener les enfants chez les grands-parents ou les oncles et les tantes pendant le week-end et les enfants étaient censés être en vacances dans la famille dès lundi. Il va falloir trouver encore des solutions pour le reste de la semaine parce qu'on ne part pas en vacances comme ça. Très sincèrement, ça va être assez compliqué. Et si les parents n'apportent pas la preuve, il va se passer quoi ? C'est ça la question.

Selon vous, aurait-il mieux fallu annuler complètement les épreuves écrites du brevet ?

L'un dans l'autre, cela aurait été peut-être ce qu'il y avait de plus raisonnable. C'est vrai que le contrôle continu permet aussi aux enseignants toute l'année de maintenir les enfants dans une vraie dynamique de travail, et c'est peut-être aussi une vraie solution parce que ces examens sont une organisation énorme. Annoncer maintenant que ceux qui ne pourront pas être là lundi ou mardi pourront le passer en septembre, c'est aussi un signal fort qu'on envoie aux enfants disant qu'il n'y a pas besoin d'avoir le brevet pour aller en seconde.

Mais le fait de le reporter étant donné les conditions, c'est logique quelque part. L'idéal est peut-être de se poser la question de cette épreuve finale qui arrive très tard dans l'année à un moment où de toutes les façons il y a déjà un problème de températures la plupart du temps. Il y a un autre vrai problème qui est quand même un problème de fond, ce sont les locaux. Aujourd'hui, les locaux sont totalement inadaptés. En hiver, les enfants ont très froid, en été, ils ont trop chaud. Et puis après, il y a aussi cet examen qui finalement n'est pas nécessaire pour aller en seconde, donc ça interpelle aussi.

Votre fils passe le brevet cette année, comment a-t-il vécu le report des épreuves ?

Pas forcément très très bien parce que pour les enfants, c'est un nouveau stress. On reporte le stress. Les révisions en plus avaient été bien calées, donc il y a un trou aussi dans l'organisation. Mais en même temps pour les enfants, c'est dans les deux sens, on se dit on a quatre jours de plus. Après, il y a une organisation familiale. Moi personnellement je me suis réajustée. J'ai beaucoup de parents qui m'appellent, qui sont extrêmement embêtés, sincèrement. Il y a les colonies de vacances, et puis dans les familles séparées, bien souvent le mois de juillet c'est le mois du deuxième parent. Donc, l'enfant doit intégrer son deuxième foyer au premier juillet. Et souvent ce parent-là avait totalement organisé les vacances depuis le 1er juillet.