"Au moins 28, 29 degrés" : comme près de 114 000 Parisiens, Victoria souffre face à la canicule dans sa chambre de bonne

Dans son logement mal isolé et humide, l'étudiante n'a qu'un volet bas de gamme et des bouteilles d'eau pour se protéger de la chaleur ainsi que des moustiques. Elle doit donc recourir à quelques astuces.

Vue sur les toits à Paris, le 6 février 2015.
Vue sur les toits à Paris, le 6 février 2015. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

La nuit a sans doute été difficile, ponctuée d'allers-retours à la salle de bain pour se rafraîchir avec cette canicule. À Paris, la température a oscillé entre 29 et 24 degrés durant la nuit du lundi 24 au mardi 25 juin. La chaleur est particulièrement insupportable pour les 114 000 Parisiens qui vivent dans des micro-logements, ces "chambres de bonne" de moins de 10 m2.

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Chez Victoria, dans le 17e arrondissement, "ça fait 10 m2, donc c'est assez petit". Pour rallier le logement de l'étudiante à l'université Paris-Diderot, il faut grimper les sept étages sans ascenseur et évoluer dans un escalier en travaux. Une fois arrivé sous le toit de ce micro-logement, la bouffée de chaleur est immédiate. À l'intérieur de la chambre, on étouffe. Dans ce lieu où s'entassent un lit, une douche et "un tout petit coin cuisine", il "doit faire bien chaud", estime Victoria qui pense qu'il fait "au moins 28, 29 degrés".

On le fait parce que l'on n'a pas le choix. Je pense que si on avait le choix, il n'y a personne qui paierait 500 euros pour avoir 9 ou 10 m2.Victoriaà franceinfo

Dans son logement mal isolé et humide, Victoria n'a qu'un volet bas de gamme et des bouteilles d'eau pour se protéger de la chaleur. Pour le reste, elle a quelques astuces, comme "fermer les volets toute la journée et aérer la nuit". L'étudiante doit aussi faire face aux moustiques : "Quand les lumières sont éteintes, il n'y a pas d'insectes qui rentrent, car il y a beaucoup de moustiques ici. J'ai des piqûres partout déjà."

Le calvaire semble interminable. La nuit, impossible de dormir et la journée, Victoria a beaucoup de mal à réviser. Elle "aimerait bien aller pouvoir étudier au Starbucks ou des trucs comme ça, mais cela coûte de l'argent à chaque fois donc je limite au maximum". Pour l'étudiante, "ce qui coûte le moins cher pour étudier ça reste quand même de rester chez soi". Sa seule arme pour affronter cette semaine de canicule reste la patience... et peut-être un ventilateur. L'étudiante n'exclut pas d'en demander un à ses propriétaires.

Reportage de Claire Leys
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