Maroc : tomates d'hiver

a revoir

Présenté parDavid Pujadas

Diffusé le 02/12/2013Durée : 00h40

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Les chauffeurs étrangers devront aussi la payer.

Toujours à propos de niveau de vie, notre enquête sur ces fruits et légumes qu'on trouve en toute saison. Exemple : la filière des tomates. Le plus gros fournisseur en France et en Europe, c'est le Maroc. Dans quelles conditions ? A quel prix.

Elle sont présentes sur les étals toute l'année : les tomates. En ce moment, elles viennent du Maroc, 1,60 E le kilo mais pas toujours au goût des vendeurs.

Pas terrible, c'est pas la saison.

Où sont cultivées ces tomates vendues même en hiver? Comment les prix peuvent-ils être si bas hors saison ? C'est à Agadir qu'il faut aller, dans le sud du Maroc. Du soleil toute l'année, un climat idéal pour cultiver les tomates à très grande échelle. Vus du ciel, ces rectangles blancs, ce sont des serres immenses dans lesquelles sont cultivées des fruits et légumes que nous consommons tout l'hiver. Voici ce que les agriculteurs marocains appellent "le jardin de l'Europe". Omar est l'un des plus gros producteurs de la région. A 72 ans, il possède 150 hectares de serres.

Attention, il y a beaucoup de portes, c'est pour empêcher les moustiques de rentrer.

Il vient ici superviser la récolte. Certaines tomates sont bientôt prêtes à être cueillies. Elles finiront de mûrir pendant leur transport. Sous cette serre travaillent 95 salariés. la main-d'oeuvre est la première différence par rapport à l'Europe. Des ouvriers payés environ 10 euros la journée, une heure de Smic en France.

Le prix de la main-d'oeuvre est moins cher mais ce n'est pas le même niveau de vie.

Un avantage qui explique l'explosion de la production ici. Il y a 20 ans, il n'y avait aucune serre au Maroc. Aujourd'hui, elles recouvrent 6.000 hectares, plus que la superficie d'une ville comme Lyon. Et pour produire toujours plus et moins cher, les producteurs comptent sur ce centre de transfert de technologie. Une ferme expérimentale qui n'a pour objectif que d'augmenter les rendements. Le directeur, c'est Brahim Ouaddich. Dans cette serre, il fait la chasse au gaspillage. Ici, un système d'irrigation qui programme les arrosages à la goutte près.

Ici, on veut économiser de l'eau donc on teste pour savoir quelle est la dose optimale pour le meilleur rendement. On peut économiser jusqu'à 50 % d'eau.

Plus loin, le scientifique perfectionne des techniques de culture hors sol semblables aux plus modernes employées en Europe. Des blocs de plastique remplis de fibres végétales. Avec ces innovations, la culture marocaine est ultra compétitive. Ses importations ont plus que doublé depuis 10 ans quand la part de marché des rivales espagnoles est en baisse. Cette recette, efficace pour la tomate, les producteurs l'appliquent désormais à d'autres fruits et légumes comme le poivron. Dans sa station de conditionnement, Omar emballe des poivrons cueillis il y a quelques heures.

Il est en train d'être préparé et une fois refroidi, il va être chargé dans la nuit.

Direction Perpignan, porte d'entrée du marché français. Côté transport, les producteurs font tout pour réduire les coûts. Il y a dix ans, toute la marchandise partait par camions. Coût :21 cts par kilo. Le bateau est aujourd'hui moins cher :15 cts par kilo. Désormais, 40 % des tomates marocaines partent donc vers la France par la mer.

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