Tokyo 2020 : pourquoi tout le monde tremble pour les JO de Tokyo

La cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 aura (normalement) lieu dans un peu moins de six mois. Initialement prévus à l’été 2020 et reportés en juillet 2021, les Jeux sont toujours sur la corde raide en raison de la crise sanitaire. Une situation qui ne s’améliore pas au Japon et des citoyens qui n'en veulent plus, on vous explique pourquoi les JO de Tokyo 2020 sont encore et toujours très fragilisés, alors que le Comité exécutif du CIO se réunit ce mercredi.
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France Télévisions
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Les JO de Tokyo 2020 toujours très fragilisés à quelques mois du début de la compétition  (ARIS MESSINIS / AFP / POOL / ANADOLU AGENCY)

• Parce qu'il y a une recrudescence des cas au Japon

Si les Jeux olympiques sont encore le flou c’est, dans un premier temps, parce qu’au Japon, la pandémie ne faiblit pas, bien au contraire… Le pays fait de nouveau face à une vague violente d’infections à la Covid-19 ainsi qu’à l’arrivée d’un nouveau variant. Même si un état d’urgence a été réinstauré à Tokyo et dans dix autres départements japonais, le 7 janvier dernier, le virus sème toujours le trouble. Depuis plusieurs jours, les autorités sanitaires nippones enregistrent des records de nouveaux cas de contamination.

Selon le ministère de la santé japonais, près de 5000 nouveaux cas ont été identifiés en une semaine amenant le total des cas déclarés à plus de 300 000. Des chiffres trop élevés qui inquiètent à quelques mois du début des Jeux. La situation dans les hôpitaux est tout aussi préoccupante. Le taux d’occupation des lits dans certaines régions atteint des niveaux très élevés. Plusieurs départements, dont Tokyo, sont placés en "stade 4", car le taux d’occupation des lits est supérieur à 50%. Alors que les JO doivent avoir lieu dans un peu moins de six mois, les chiffres ne sont pas bons... 

• Parce que la mobilisation de 10 000 médecins semble inconcevable

Le gouvernement japonais l’a annoncé : 10 000 médecins et infirmiers seront mobilisés pour les Jeux olympiques de Tokyo. C'est ce qu'il faudrait pour que l'événement puisse avoir lieu sereinement, mais ce chiffre parait irrationnel si l’on considère la situation actuelle dans laquelle est plongée le pays. Le système médical nippon est déjà saturé face au coronavirus, la tenue des JO risquerait d’empirer les choses selon différents médecins.

Environ 11 000 athlètes sont attendus sur le sol japonais ainsi que des spectateurs. Même si la décision sur la présence éventuelle du public n'est pas actée et doit être prise au printemps, pour Toshio Nakagawa, président de l’Association médicale du Japon, il serait "impossible" de les soigner à l’hôpital pour une infection au coronavirus. Si les moyens ne sont déjà pas suffisants pour le pays à l'heure actuelle, l'organisation de ce grand événement inquiète au pays du Soleil levant... 

• Parce que vacciner les athlètes semble compliqué

Si l’arrivée du vaccin contre la Covid-19 a pu, un temps, soulager les organisateurs de Tokyo 2020, il semblerait que celle-ci ne soit pas une solution 100% fiable pour une tenue des Jeux en sécurité. En effet, vacciner en priorité des athlètes poserait sur la table un problème éthique. "Pas question que les athlètes soient prioritaires par rapport à d'autres catégories de population, mais d'ici les Jeux on peut penser qu'il y a la possibilité de les faire vacciner sans que cela ne pénalise d'autres personnes", espère Denis Masseglia, président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF).

Si en France près d’un million de personnes prioritaires ont été vaccinées, ce n’est pas le cas dans le reste du monde, où le rythme de vaccination est très varié, certains pays n’ayant pas encore commencé. Selon Masseglia, les athlètes non vaccinés devront faire face, une fois sur place, à des "conditions extrêmement difficiles" avec notamment une mise en quarantaine, des tests quotidiens et des déplacements très limités. Le CIO encourage officiellement la vaccination des athlètes mais ne peut pas l’imposer, réaffirmant ce mardi dans un communiqué qu'"une fois que la vaccination sera disponible à un public plus large", l'instance appellera les délégations olympiques et paralympiques "à se faire vacciner dans leur pays de résidence, dans le respect des directives nationales". En l'état, le "CIO continue à soutenir fermement la priorité de la vaccination des groupes vulnérables, des soignants, des médecins et de tous ceux qui veillent au maintien et à la sécurité de nos sociétés". Une nouvelle problématique rendant le bon déroulement de l'événement international, encore un peu plus compliqué...

• Parce que le public japonais est en majorité contre la tenue des JO

Si les organisateurs confirment leur volonté de maintenir l’événement, ce n’est pas le cas des citoyens japonais. Selon un sondage réalisé par des agences de presse japonaises, 80% de la population est opposée à la tenue des JO cette année. Un pourcentage s’expliquant notamment par la crainte du virus qui ne diminue pas chez les habitants. "C'est un énorme évènement. Mais vu la situation actuelle, il y a de quoi être inquiet. Pour le moment, chacun pense à sa propre santé", a déclaré une Tokyote interrogée par France Info. Alors que la défiance règne, le gouvernement mise sur l’arrivée de la vaccination, normalement prévue fin février au pays du Soleil levant, pour retrouver un semblant de soutien populaire.

• Parce que la Floride se positionne en éventuel plan B

Si le Japon venait à annuler l’organisation des Jeux Olympiques de Tokyo 2020, la Floride serait prête à les accueillir. Dans un courrier mis en ligne, le responsable des finances de la Floride, Jimmy Patronis, encourage Thomas Bach à envisager un nouveau lieu pour ces Jeux. "Les médias ayant rapporté que des dirigeants japonais avaient conclu (en privé), qu'en raison de la pandémie, les Jeux olympiques ne pourraient avoir lieu, il est encore temps de déployer une équipe pour rencontrer les responsables locaux sur la tenue des JO dans le Sunshine State", a écrit Patronis au patron du CIO. Il met également en avant les efforts de vaccination dans son État et rappelle que des événements sportifs, tel que le championnat de basket NBA, se sont bien déroulés en pleine crise sanitaire.

Le Premier ministre japonais Yoshihide Suga, a cependant rapidement démenti les rumeurs selon lesquelles son gouvernement aurait secrètement renoncé à organiser les JO (23 juillet-8 août). "Je suis déterminé à accueillir des Jeux olympiques "sûrs" à Tokyo, en signe de victoire de l'humanité sur le nouveau coronavirus", avait-il déclaré lors d'une séance parlementaire.

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