Le patron des JO de Tokyo sur la sellette après ses propos sexistes

Le président du comité d'organisation des Jeux olympiques de Tokyo 2020, Yoshiro Mori, s'est excusé jeudi dans un média japonais pour des propos sexistes qu'il a tenus la veille. Mais il a exclu de démissionner de son poste, après avoir évoqué cette possibilité dans un media local.
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France Télévisions
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Yoshiro Mori le 24 juin 2019. (TOSHIFUMI KITAMURA / AFP)

Yoshiro Mori, le patron des JO de Tokyo, est dans la tourmente. A 83 ans, le voilà pris dans un typhon, et ses premières paroles n'inspirent pas la sérénité. En effet, dans un premier temps, il a évoqué la possibilité de démissionner en raison de ses propos sexistes dévoilés jeudi. "Si les appels à ma démission deviennent plus forts, je pourrais être obligé de quitter mon poste", a déclaré M. Mori au quotidien Mainichi. "J'aimerais présenter mes excuses", a-t-il ajouté, assurant avoir parlé "sans réfléchir". Puis, dans une conférence de presse organisée en urgence, il a fait marche arrière : "Je voudrais retirer ce que j'ai dit", a-t-il déclaré, disant vouloir s'excuser "auprès de tous ceux qui se sont sentis offensés", et affirmant : "Je n'ai pas l'intention de démissionner", rappelant son "sacrifice personnel pendant sept ans" au service de l'organisation des JO-2020, reportés d'un an à cet été (23 juillet-8 août) à cause de la pandémie de coronavirus.

Mercredi, cet ancien Premier ministre du Japon (2000-2001) âgé de 83 ans s'était plaint que "les conseils d'administration avec beaucoup de femmes prennent beaucoup de temps", car elles ont selon lui "du mal à finir" leurs interventions, selon des propos rapportés par le journal nippon Asahi.

Il s'est félicité que les femmes sachent "rester à leur place"

"Les femmes ont l'esprit de compétition. Si l'une lève la main (pour intervenir, NDLR), les autres croient qu'elles doivent s'exprimer aussi. C'est pour ça que tout le monde finit par parler", avait-il développé lors d'une réunion avec le comité olympique japonais qui était ouverte à la presse. M. Mori s'était aussi félicité que les femmes membres du comité d'organisation de Tokyo  2020 sachent "rester à leur place".

Après ses excuses, M. Mori est apparu sur la défensive et maladroit jeudi face au feu roulant des questions des journalistes. Ainsi quand un journaliste lui a demandé s'il pensait que d'une manière générale les femmes parlaient trop, M. Mori a répété: "C'est ce que j'entends souvent". "Je n'en sais rien, car je parle pas souvent avec des femmes ces derniers temps", a-t-il encore déclaré, lançant aussi aux journalistes, avec agacement: "Vous me posez toutes ces questions parce que vous voulez écrire des histoires amusantes, n'est-ce pas ?"
 

Ses déclarations ont déclenché des réactions outrées sur les réseaux sociaux au Japon, avec les hashtag "ça suffit", "misogynie" ou "nous exigeons la démission de Yoshiro Mori" parmi les tendances sur Twitter.

Réactions en chaine

Renho, une figure de l'opposition parlementaire au Japon qui s'appelle Renho Murata et n'utilise que son prénom dans sa carrière politique, a qualifié de "honteux" les propos de M. Mori, qui vont selon elle à l'encontre des valeurs olympiques, opposées à toute forme de discrimination. D'anciens athlètes japonais ont aussi réagi, comme Kaori Yamaguchi, ancienne judoka et membre du comité olympique japonais, qui a jugé "malheureux" les commentaires de M. Mori.

L'affaire a embarrassé jeudi jusqu'au Premier ministre japonais Yoshihide Suga, qui a été hué par l'opposition au Parlement pour avoir d'abord déclaré qu'il n'était "pas au courant des détails". De tels propos "ne devraient pas être permis", a fini par lâcher M. Suga.

M. Mori, connu pour avoir déjà commis de nombreux impairs notamment quand il était Premier ministre du Japon, a aussi provoqué en début de semaine une autre controverse en affirmant haut et fort que les JO de Tokyo se tiendraient cet été "quoi qu'il arrive" concernant l'évolution de la crise sanitaire dans le monde.

Avec AFP

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