Jeux olympiques : Tokyo s'organise face au risque de cyberattaques, déjà très nombreuses en 2016

Lors de la précédente édition des JO en 2016 au Brésil, près d'un demi milliard de cyberattaques ont eu lieu.

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Radio France
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Les anneaux des Jeux olympiques ont été installés à Tokyo au Japon.  (STANISLAV KOGIKU / APA-PICTUREDESK / APA-PICTUREDESK VIA AFP)

Dans un peu plus de trois semaines, les premières médailles seront distribuées aux Jeux olympiques de Tokyo. Ces jeux seront inédits à plus d'un titre : les organisateurs doivent faire face à la crise sanitaire en sacrifiant les moments de fêtes et de liesse dans les tribunes, au profit de Jeux plus technologiquesMais l'autre défi, dont on parle moins et qui est pourtant colossal, c'est celui de la cyberprotection des JO, l'un des événements au monde les plus ciblés par les hackers. Pour y faire face, des ressources considérables sont déployées car une attaque pirate réussie serait une catastrophe.

400 attaques chaque seconde 

Lors des précédents Jeux, à Rio en 2016, les experts estiment que 400 attaques ont été contrées chaque seconde, soit un demi-milliard sur toute la quinzaine des JO. Elles ne sont pas toutes de la même importance mais un tel volume montre bien que cet événement planétaire est une cible privilégiée. "Ce qui est le plus redouté par les organisateurs, c'est une attaque directe contre les systèmes de production que ce soit le chronométrage, la vidéo ou le broadcast", explique Loïc Guézo, secrétaire général du CLUSIF, association référence en matière de sécurité du numérique. 

"Si les JO sont victimes d'une attaque réussie, cela serait visible immédiatement au niveau mondial", prévient Loïc Guézo. Une cyberattaque pourrait avoir une résonance auprès des quatre milliards de personnes qui vont suivre ces Jeux. Un effet de masse qui peut être une opportunité pour les pirates, selon Loïc Guézo. "Les JO vont être victimes de détournement de leur image pour réaliser des arnaques assez classiques présentées comme 'une super bonne affaire' ou 'la promo inédite'. C'est ce qu'on appelle 'utiliser l'évènement', donc les JO, comme un leurre."

La Russie, privée de Jeux, est surveillée 

Qui a intérêt à perturber les Jeux ou à créer l'écran noir pendant les retransmissions télé et à montrer que le Japon n'est pas de taille à organiser un tel événement ? Les regards sont tournés vers ses encombrants voisins : la Chine, la Corée du Nord et la Russie, exclue de ces jeux pour des affaires de dopage. Surtout, le pays est un habitué de la menace numérique. "La probabilité qu'une attaque ait lieu est non nulle", estime Kevin Limonier, maitre de conférence et spécialiste du cyberespace russe.

"Les Russes ont inauguré en 2007 un nouveau type d'attaque que j'appelle les attaques géopolitiques, poursuit Kevin Limonier. Ce sont des attaques qui n'ont pas forcément pour objectif de détruire ou de voler des données mais qui ont pour objectif d'attenter au prestige ou à l'image d'un pays. La portée géopolitique est symbolique et est en soi un effet final recherché par certaines cyberattaques". 

Pour y faire face, les organisateurs des Jeux déboursent des centaines de millions d'euros pour des systèmes de protection dignes de ceux utilisés par les États.

Les JO de Tokyo face au risque de cyberattaques : reportage de Jérôme Val
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