Vingt ans après le titre olympique du Français Jean-Pierre Vidal en slalom, un nouveau Tricolore s'est invité sur la plus haute marche du podium des Jeux olympiques de Pékin. Clément Noël est devenu champion olympique, mercredi 16 février à Yanqing, en réalisant une seconde manche supersonique après une première maîtrisée (sixième). Il devance l'Autrichien Johannes Strolz et le Norvégien Sebastian Foss Solevag. Quatre ans après avoir fini au pied du podium à Pyeongchang, le skieur de Val d'Isère, âgé de 24 ans, apporte la treizième médaille à la délégation française à Pékin. C'est le premier titre olympique pour le ski alpin tricolore depuis Antoine Dénériaz, en descente, à Turin (2006).Un retour en haut de l'affiche au meilleur momentPoing serré et grand sourire sur le visage dans l'aire d'arrivée : voici une image de Clément Noël que l'on avait pas vue depuis longtemps. D'abord dominateur cette saison puis en plein doute avant d'aborder les Jeux olympiques, il a choisi le meilleur moment pour revenir sur le devant de la scène.Largement dans le coup après la première manche, conclue à la sixième place mais à seulement 38 centièmes du leader autrichien Johannes Strolz, Clément Noël a été impressionnant lors de la seconde manche, à l'issue de laquelle il a réussi le meilleur chrono. Dans son style caractéristique, le Vosgien a fait la course qu'il n'arrivait plus à faire ces dernières semaines : engagé et dans la pente sans partir à la faute."J'avais quatre dixièmes à rattraper, si je voulais monter sur la boîte, il fallait que je sorte une grosse, grosse manche."Clément Noël, champion olympique de slalomsur France TélévisionsIl ne restait alors plus qu'à attendre l'arrivée des cinq derniers slalomeurs devant lui après première manche. Clément Noël a stressé, beaucoup soupiré mais a fini par serrer les poings à plusieurs reprises lorsque chaque prétendant finissait derrière lui. La libération est venue lorsque Johannes Strolz, déjà titré sur le combiné, a finalement coupé la ligne en deuxième position."J'ai bien bossé pour ça"Deuxième de la Coupe du monde de slalom ces trois dernières saisons, le Tricolore a réalisé le plus gros coup de sa carrière. "Je ne sais pas si je réalise encore, a-t-il poursuivi sur France Télévisions, les larmes aux yeux. Je me suis bien préparé, j'étais quand même assez confiant en arrivant ici. Le mois de janvier s'est très mal passé, mais je savais que je pouvais skier vite. Je ne sais pas si je le mérite plus qu'un autre mais j'ai bien bossé pour ça." C'est sa première médaille internationale pour celui qui s'était révélé aux Jeux olympiques de Pyeongchang. Pour l'autre Français attendu, Alexis Pinturault, la seconde manche a été comme la première, propre techniquement mais sans intensité, sans ce coup de rein nécessaire en slalom pour espérer quoi que ce soit. Au final, il prend la 16e place. Le skieur de Courchevel est toujours sans breloque individuelle dans ces Jeux, mais peut garder espoir grâce à l'épreuve par équipes programmée samedi.