JO 2022 : colère des skieurs après l'annulation du dernier entraînement de la descente

A la veille de l'épreuve officielle qui ouvre la quinzaine olympique de ski alpin, les officiels ont annulé l'entraînement, samedi, après le passage de quelques skieurs, autorisant seulement les concurrents à "inspecter lentement la piste une fois de plus".

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Matthias Mayer lors de la séance d'entraînement de la descente finalement annulée, à Yanqing (Chine), le 5 février 2022 (FRANCOIS-XAVIER MARIT / AFP)

Trois skieurs lancés dans les rafales, puis rideau ! L'ultime entraînement de la descente hommes des Jeux olympiques a été annulé, samedi 5 février, à Yanqing, en raison du vent, au grand dam des concurrents soucieux d'apprivoiser cette piste nouvelle.

"Il y a quand même trois favoris qui ont fait un run de plus que les autres, c'est ça le gros problème. S'ils avaient annulé dès ce matin, il n'y aurait eu aucun souci", a résumé le Français Johan Clarey, représentant des athlètes auprès de la Fédération internationale de ski (FIS). La veille, lors du deuxième entraînement déjà balayé par un vent glacial, certains skieurs doutaient que le départ serait maintenu samedi, avec des rafales annoncées à 64 km/h et une température ressentie de -28 degrés.

Mais l'organisation a laissé s'élancer le champion olympique 2014 de la descente, Matthias Mayer, suivi de l'Italien Christof Innerhofer, qui a rapidement coupé son effort, puis du numéro 1 mondial de la descente et du super-G, le Norvégien Aleksander Aamodt Kilde. A la veille de l'épreuve officielle qui ouvre la quinzaine olympique de ski alpin la FIS a ensuite annulé l'entraînement, autorisant seulement les concurrents à "inspecter lentement la piste une fois de plus".

Soixante mètres en vol

"On arrive à 130 km/h sur une manche d'entraînement, là on arrive à 45 : ça n'a rien à voir", a balayé Nils Allègre, pour qui cette demi-mesure "ne sert à rien". L'expérience des trois partants a au moins donné un avant-goût de ce qui attend les descendeurs dimanche, où l'épreuve programmée à 11 heures locales (4 heures à Paris) risque aussi d'être perturbée par le vent.

"Sur les sauts, j'ai parcouru 60 mètres. J'étais en équilibre, Dieu merci", mais "c'est une bonne chose qu'ils aient annulé et décidé de garder tout le monde en sécurité pour demain", a estimé pour sa part Kilde. Si le vent est tout sauf une suprise, tant il balaie régulièrement les crêtes de ce massif aride au nord-ouest de Pékin, "il vient de toutes les directions donc c'est vraiment difficile de le contrôler", a décrit le Norvégien.

"Tout d'un coup, il n'y a rien, puis ça souffle à plein, puis plus rien, et puis ça arrive de côté, de derrière, et sur les sauts ça venait de dessous", au risque de déséquilibrer les concurrents en plein vol, a-t-il poursuivi.

Odermatt dépité

Si le risque était évident pour les descendeurs, ils ont aussi besoin de repères sur "The Rock", piste sinueuse sur laquelle aucun d'entre eux n'avait jamais skié, avec une neige sèche et entièrement artificielle qui brûle les semelles de leurs skis. Réunis avant le départ, les concurrents s'étaient mis d'accord sur une solution intermédiaire : "On était prêts à skier fort là où il n'y avait aucun risque, puis à freiner" sur le deuxième tronçon très venté, avant de "réengager sur la dernière partie", a expliqué Mathieu Bailet, qui représentera la France lors de la descente aux côtés de Blaise Giezendanner, Maxence Muzaton et Johan Clarey.

"J'ai essayé de discuter avec la FIS, mais ils n'ont rien voulu savoir (...) Voilà : il va falloir faire avec et ne pas trop s'énerver", a poursuivi Johan Clarey. Dépité, le leader de la course au gros globe, Marco Odermatt, a lui aussi jugé la décision "injuste", même si "avec le vent, ça ne va de toute façon pas être la course la plus équitable qui soit". "Sur une piste olympique où tout est nouveau, vous voulez vraiment avoir la même dose d'entraînement", a-t-il insisté. "Chaque manche aide à trouver le matériel et la ligne parfaite".

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