JO 2022 : les hockeyeuses françaises veulent "atteindre leur rêve" olympique à Pékin

Les Bleues, qui n'ont jamais participé aux Jeux olympiques, débutent jeudi le tournoi de qualification pour Pékin.

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France Télévisions
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L'équipe de France féminine de hockey sur glace lors du Mondial 2019, à Espoo (Finlande). (Matt Zambonin / HHOF-IIHF Images)

L'équipe de France féminine de hockey sur glace n'a jamais été aussi proche d'écrire l'histoire de son sport. Les Tricolores disputent le tournoi de qualification aux Jeux olympiques de Pékin, entre le jeudi 11 et le dimanche 14 novembre à Lulea (Suède), pour espérer participer pour la première fois aux JO depuis l'intégration au programme de leur discipline en 1998. 

Les Françaises, actuellement classées au 12e rang mondial, affronteront d'abord la Corée du Sud (17e) jeudi, puis la Slovaquie (15e) samedi et le pays-hôte (9e) dimanche. Elles devront terminer premières de leur groupe pour s'envoler vers Pékin.

Christine Duchamp, ancienne capitaine de l'équipe de France et désormais directrice technique nationale de la Fédération française de hockey, évoque le tournoi à venir et les ambitions olympiques de l'équipe.

Franceinfo: sport : l'équipe de France arrive aujourd'hui avec le statut de tête de série n°2, contre la tête de série n°4 en 2018. Comment aborde-t-elle ce tournoi ? 

Christine Duchamp : Il y a baucoup d’impatience, car le groupe travaille fort depuis plusieurs années. Les joueuses sont prêtes et surtout déterminées. Nous avons conscience que la tâche va être difficile. Mais c’est pour participer à des moment comme ceux-ci qu'elles ont choisi d'être athlètes de haut-niveau. L'objectif était de progresser dans la hiérarchie mondiale et c'est que ce que l'équipe a fait ces dernières années. Elle a réussi à rejoindre l'élite mondiale en 2018, pour disputer en 2019 ses premiers championnats du monde. Mais elle n'a pas réussi à se maintenir. L'idée est de remonter dans le classement pour esayer de se stabiliser à ce niveau-là.

Se qualifier pour les Jeux serait une peformance historique...

Les joueuses de l'équipe de France ont ce rêve en tête depuis que le hockey sur glace est inscrit au programme des JO. Pour l’instant, la performance n’a pas pu être réalisée. Il y a dix équipes au programme des Jeux, dont le pays organisateur. Il reste donc neuf places. C’est très difficile. Mais le rêve subsiste au fil des années et est devenu un réel objectif pour ces jeunes filles. La fédération, le staff ainsi que le président Pierre-Yves Gerbeau sont très impliqués dans le projet. C’est avant tout une aventure collective.

Seule la première équipe du groupe aura la chance de participer aux Jeux de Pékin. Quel est le niveau des adversaires des Bleues ?

Il y a peu d'écart entre les équipes classées de la 10e à la 16e place. Nous sommes un peu mieux classées que la Corée du Sud et la Slovaquie et nous les avons battues ces dernières années, mais la différence de niveau n'est pas flagrante. Il va falloir aller chercher la victoire, car il va de soi qu'elles ne vont pas nous l'offrir. La Suède, quant à elle, joue à domicile et endosse le statut de favorite. Nous allons rentrer dans le tournoi en tant qu'outsider, et nous jouerons chaque match pour le gagner, dans l'espoir de se disputer la première place avec la Suède dimanche.

L'équipe de France s'est justement inclinée 8-0 face à la Suède dimanche dernier...

Cette défaite remet les choses à leur place. Sur le papier, la Suède est une nation qui est meilleure que l’équipe de France. Nous savons que la moindre erreur contre ce genre d'équipes nous coûte très cher. Nous avons commis des petites erreurs tout au long du match, qui ont été fatales et ont abouti à ce score sévère. Il est nécessaire de se surpasser pour réaliser des performances de ce niveau-là. 

"Depuis 2003, la fédération a intégré dans ses règlements la possibilité pour les jeunes filles de jouer en mixité à tous les niveaux."

Christine Duchamp, directrice technique nationale

à franceinfo: sport

Seules sept joueuses de l'effectif évoluent dans le championnat français. Comment l'expliquer ?

En France, il n'y a qu'un seul championnat en catégorie seniors. Le niveau est insuffisant pour permettre aux meilleures joueuses de se développer et de progresser. L'un des moyens de trouver un niveau intéressant pour elles est de jouer avec les garçons. Auparavant, ce n'était réservé qu'aux enfants. Le règlement permet, depuis 2003, de jouer, selon son niveau, avec les U15, U17, ou U20. En général, les joueuses internationales jouent dans le championnat masculin U17. De la même manière, l'équipe féminine du pôle espoirs évolue dans le championnat masculin U15. C’est pour leur permettre de retrouver un niveau plus proche de celui des matchs internationaux.

Et aucune n'est professionnelle... Avez-vous bon espoir que les choses évoluent dans le bon sens ?

Ce n'est pas professionnel, mais certaines ligues sont bien structurées et essayent de le devenir. Elles essayent de travailler avec des sponsors. C'est le cas, par exemple, de la Suède et de la Suisse. Des joueuses commencent à avoir des petits contrats et à bénéficier d'aménagements pour combiner travail et hockey. Si la majorité des joueuses ont un job à côté du hockey ou font des études, une infime proportion arrive à en vivre. Je ne pensais pas que cela arriverait si vite, même si le hockey sur glace est en retard par rapport à d'autres sports collectifs. Le bon point est que les choses avancent pour tout le monde. Pour le développement de la discipline en France, une exposition des Tricolores aux JO changerait la donne. Et les filles vont faire le maximum pour atteindre leur rêve.

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