JO 2022 : "J'ai besoin de réfléchir à la suite de ma carrière", confie Agathe Bessard, privée de son rêve olympique en skeleton

La Française n'ira pas en Chine. Elle a rempli les critères de qualification pour participer aux Jeux olympiques de Pékin définis par la Fédération internationale, mais pas ceux de la Fédération française des sports de glace.

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Agathe Bessard, internationale française de skeleton. (DR)

"Le rêve olympique est terminé." Sur son compte Instagram, Agathe Bessard a partagé sa tristesse, sa colère aussi peut-être, à la suite de l'annonce de sa non-sélection aux Jeux olympiques de Pékin 2022, mardi 18 janvier. La native d'Albertville avait pourtant décroché un quota olympique en skeleton selon les critères établis par la Fédération internationale de bobsleigh et de skeleton (IBSF). Mais elle n'a pas rempli les minimas requis par la Fédération française des sports de glace qui a donc décidé d'envoyer aucun représentant tricolore en skeleton. Cette décision pourrait avoir des conséquences sur sa carrière, a-t-elle confié lundi à Franceinfo sport,.

Franceinfo sport : Vous avez appris mardi dernier par la Fédération française des sports de glace que vous n’étiez pas retenue pour les Jeux olympiques. Quelle a été votre réaction ?

Agathe Bessard : J’étais triste, forcément. Après tout ce qu’on a mis en place cette saison, c’est frustrant.

Comprenez-vous cette décision ?

J’étais au courant des règles de sélection dès le début de la saison. Après, j’espérais que mes derniers résultats (championne d'Europe junior et victorieuse d'une épreuve de coupe d'Europe à Altenberg, en Allemagne) feraient pencher la balance en ma faveur, ce qui n’a pas été le cas. La fédération m'a dit que les résultats étaient trop loin des minimas. La décision était prise, rien n’aurait pu l'inverser.

Vous disiez sur Instagram avoir "beaucoup de choses à dire". A quoi pensiez-vous ?

Je pense que c’est encore trop tôt aujourd'hui [pour parler de ça], j’ai besoin de réfléchir à tout ce qu’il s’est passé, surtout pour prendre une décision concernant la suite de ma carrière. Il faut que je le fasse sans être "à chaud", juste après l’annonce de la non-sélection. Je dois penser à toutes les conséquences et à ce qu’on fera par la suite.

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Sur RMC Sport, vous avez évoqué la possibilité de changer de nationalité sportive. Est-ce que vous l'envisagez vraiment ?

Oui, après ils ont repris l’information qui était la plus croustillante de l’interview mais comme je l'ai dit, c’est quelque chose qui est dans un coin de ma tête, même si ce n’est pas du tout une réflexion aboutie. Ma décision est loin d’être prise. C’est une décision qui entraîne énormément de conséquences, donc je ne vais pas la prendre quelques jours après l’annonce d’une non-sélection. Ce sera surtout en fonction de ce que la fédération veut faire avec moi. Qu’on soit bien clair, je donnerai toujours la priorité à la France et mon plus grand rêve est de triompher sous les couleurs de mon pays.

Devenir la première Française aux JO en skeleton aurait pu permettre à la discipline de progresser en France...

C’est la seule visibilité médiatique que l’on a. On en a une tous les quatre ans et c’est pendant les Jeux. Donc oui, forcément. Après, on ne va pas aux Jeux pour passer à la télé...

Pensez-vous qu'une première expérience aurait pu vous permettre d’approcher le niveau médaillable dans quatre ans ?

Oui mais ce n’est pas du tout la politique de la fédération. Ils ne voient pas les choses de cette façon, donc ce n’était pas possible. Je le regrette mais l’Agence nationale du sport met ses critères aussi. On leur demande des médailles, forcément ils n’envoient que des médaillables. Ils sont 87 dans la délégation française cette année alors qu’ils étaient 108 à Pyeongchang. Ça fait énormément d’athlètes en moins, il y a eu des coupes. Je ne suis pas du tout la seule dans ce cas. Certains étaient à Pyeonchang et ne seront pas là cette année.

La Française Agathe Bessard lors d'une manche de la Coupe du monde de skeleton, à Altenberg, en Allemagne, le 3 décembre 2021. (TOBIAS SCHWARZ / AFP)

Vous aviez lancé une cagnotte en ligne pour vous soutenir dans vos financements...

Oui, je suis déçue pour toutes les personnes qui se sont investies dans ce projet et dans ma saison. C’est frustrant de se dire que je ne pourrai pas aller au bout de ce qu’ils m’ont aidé à faire. Malheureusement, une place aux Jeux n’est pas garantie en début de saison.

Au final, six jours plus tard, quel est votre état d’esprit ?

Le plus compliqué à gérer, ce sont les réseaux sociaux, comme beaucoup d’athlètes qui n’ont pas été sélectionnés. C’est compliqué et frustrant de voir que tout le monde est en train de partir, de s’entraîner pour les Jeux et que toi, tu as dû rentrer à la maison. On a mis l’entraînement de côté et je reprendrai quand ça me manquera, quand j’en aurai envie.

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