Boycott des JO d'hiver de Pékin : "Les Chinois n'aiment pas ça", estime un spécialiste de l'Asie

Les États-Unis n'enverront aucun représentant officiel aux Jeux d'hiver en raison des violations des droits de l'homme par la Chine.

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Radio France
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Le symbole des Jeux Olympiques d'hiver de Pékin. (NOEL CELIS / AFP)

Philippe Le Corre, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), a expliqué mardi 7 décembre sur franceinfo que "dès lors que l'on appelle au boycott, les Chinois n'aiment pas ça". Les États-Unis ont annoncé qu'ils n'enverront pas de représentants diplomatiques à la cérémonie des Jeux olympiques d'Hiver à Pékin en raison du "génocide et des crimes contre l'humanité en cours au Xinjiang". "Les États-Unis paieront le prix de leur mauvais coup", ont réagi les autorités chinoises.

franceinfo : Les autorités chinoises sont-elles sensibles au boycott des pays occidentaux ?

Philippe Le Corre : On peut dire que tous les grands événements que la Chine a organisés depuis une vingtaine d'années, à commencer par les Jeux olympiques d'été de Pékin en 2008, et l'exposition universelle de 2010 à Shanghai, sont autant d'éléments pour renforcer le pouvoir du Parti communiste, du régime. Ce sont des événements principalement à destination du peuple chinois et donc la présence des étrangers est secondaire. C'est un show, c'est un spectacle qui est offert aux Chinois avec un lever de rideau, avec une conclusion toujours très fastueuse. Donc, il est certain que dès lors que l'on appelle au boycott, même si ce n'est que diplomatique, de la cérémonie d'ouverture, les Chinois n'aiment pas ça. D'ailleurs, Nicolas Sarkozy en avait pris pour son grade en 2008, lorsqu'il avait dit qu'il n'irait pas à la cérémonie d'ouverture des Jeux d'été. Là, on parle de Jeux olympiques d'hiver. C'est quand même moins important.

Il y a aura des spectateurs chinois ?

Il n'y aura que quelques poignées de personnes, quelques milliers de spectateurs triés sur le volet. La ville de Pékin s'est refermée avec une chape de plomb depuis début décembre, puisque les volontaires qui doivent travailler sur le village des Jeux et sur les installations des Jeux olympiques d'hiver ont dû faire une quarantaine. Tout cela s'entremêle, et notamment le fait que la politique zéro Covid-19 mise en place par le gouvernement chinois empêche de toute façon beaucoup de monde de venir à Pékin, que ce soit des Chinois ou que ce soit des étrangers.

Que vont faire les pays européens ?

Pour l'instant, il n'y a donc que la Nouvelle-Zélande qui a annoncé également qu'elle n'enverrait pas un représentant de son gouvernement. La Grande-Bretagne au Parlement avait dit un peu la même chose. Cela n'a pas été confirmé, mais il semble quand même que beaucoup de pays s'orientent dans cette direction. Tout simplement parce que la question des Ouïghours est devenue vraiment compliquée à défendre pour qui que ce soit, dans la mesure où il y a des preuves formelles de l'internement de centaines de milliers de membres de cette minorité, que par ailleurs, il y a des problèmes à Hong-Kong et que globalement, la relation entre la Chine et l'Occident n'est pas bonne. Par ailleurs, il y a cette affaire de la tenniswoman Peng Shuai, qui n'a pas aidé non plus l'image de la Chine à l'étranger.

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