Cet article date de plus d'un an.

"Une gifle aux sportifs ukrainiens", dénonce la ministre allemande des Sports sur la possible réintégration des athlètes russes et biélorusses

Plusieurs pays ont dénoncé la décision du CIO, qui a recommandé mardi la réintégration des sportifs russes et biélorusses, à titre individuel et sous bannière neutre, lors des compétitions.
Article rédigé par franceinfo: sport avec AFP
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Nancy Faeser la ministre des Sports allemande, le 24 mars 2023. (WOLFGANG KUMM / AFP)

La recommandation du Comité international olympique (CIO) de réintégrer, sous conditions, les sportifs russes et biélorusses aux compétitions internationales a provoqué la colère de plusieurs Etats, mardi 28 mars, alors que la guerre continue entre la Russie et l'Ukraine.

"Une gifle aux sportifs ukrainiens", a dénoncé la ministre allemande des Sports. "Le sport international doit condamner en toute clarté la guerre d'agression brutale menée par la Russie. Cela ne peut se faire qu'en excluant complètement les athlètes russes et biélorusses", juge dans un communiqué Nancy Faeser.

Le CIO a recommandé mardi la réintégration des sportifs russes et biélorusses aux compétitions internationales, sous bannière neutre et "à titre individuel", pour peu qu'ils n'aient pas activement soutenu la guerre en Ukraine. Mais pour Mme Faeser, "le fait que le CIO veuille tout de même interdire les membres de l'armée russe ainsi que les équipes n'est que le strict minimum et ne suffit pas. Il n'y a aucune raison pour que la Russie revienne dans le sport mondial. [Vladimir] Poutine poursuit sa guerre criminelle avec une brutalité effroyable contre la population civile ukrainienne", estime la ministre allemande.

"Un jour de honte pour le CIO" fustige la Pologne

"L'armée russe tue chaque jour d'innombrables Ukrainiens, dont de nombreux sportifs, ajoute-t-elle. Les Jeux olympiques ne se déroulent pas dans le vide. Ceux qui laissent le belliciste russe utiliser des compétitions internationales pour sa propagande nuisent à l'idée olympique de paix et de compréhension entre les peuples", conclut Mme Faeser. La commission exécutive du CIO décidera "au moment approprié" de leur éventuelle participation aux JO de Paris 2024, que l'Ukraine, les pays baltes et la Pologne menacent de boycotter en cas de présence russe.

Varsovie, justement, ne décolère pas, estimant que ce mardi était "un jour de honte" pour le Comité international olympique, par l'intermédiaire d'un vice-ministre polonais des Affaires étrangères. "Que s'est-il passé de positif du côté de la Russie pour que ses sportifs participent à des compétitions !! Depuis Boutcha, Irpin, Gostomel !! Depuis les bombardements quotidiens des sites civils !! C'est un jour de honte pour le CIO !!", a écrit Piotr Wawrzyk sur Twitter.

Le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavsky, s'est lui dit "déçu par la recommandation du CIO" sur son compte Twitter. "Nous ne devons pas fermer les yeux face à la réalité. Le sport russe est sous le contrôle du Kremlin. Le régime russe ne sait pas ce qu'est le fair-play et ses athlètes n'ont pas leur place aux Jeux olympiques", a-t-il écrit.

L'Ukraine satisfaite du report

De son côté, l'Ukraine s'est dite satisfaite du "report" de la décision sur une éventuelle participation des athlètes russes et biélorusses aux JO de Paris 2024, l'instance internationale ayant évité de trancher la question mardi.

"Nous avons réussi à parvenir à ce que la décision sur l'intégration des Russes et des Biélorusses aux Jeux olympiques en 2024 soit reportée", s'est félicité sur Facebook le ministre ukrainien des Sports, Vadym Goutzaït. Il a dit vouloir "travailler" pour qu'aucun athlète "patriotique" russe "ne puisse entrer dans les arènes sportives internationales".

Des critères "inacceptables" pour le comité olympique russe 

Côté russe, la décision ne semble visiblement pas satisfaisante. Le président du Comité olympique russe a estimé que les critères émis mardi par le CIO pour permettre la réintégration des sportifs russes et biélorusses étaient "discriminatoires". "Les critères annoncés pour le retour aux compétitions internationales sont inacceptables. Il s'agit d'une discrimination basée sur la nationalité", a lâché Stanislav Pozdniakov lors d'une conférence de presse. 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.