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Paris 2024 : slip flambé, colombes brûlées, visite des fonds marins... Le parcours de la flamme olympique, entre couacs et histoires insolites

Depuis les Jeux olympiques de Berlin 1936, la tradition veut que la flamme olympique parcourt des centaines voire des milliers de kilomètres avant d'arriver dans la ville qui organise les compétitions.
Article rédigé par Quentin Ramelet, franceinfo: sport
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 7 min
La plongeuse australienne Wendy Craig-Duncan brandit, en plein océan au niveau de la Grande Barrière de corail, la torche olympique des Jeux de Sydney, le 27 juin 2000. (SIMON TREW / AFP)

Des Français et des Jeux

Ca y est, la flamme olympique a quitté Athènes, samedi 27 avril, et accostera à Marseille le 8 mai prochain. Si la flamme a bien été allumée à Olympie le 16 avril dernier, le célèbre relais de la torche olympique ne vient pas des Jeux antiques grecs.

Ce sont les nazis qui ont lancé cette fameuse tradition. Deux ans avant l'ouverture des JO de Berlin, en 1936, Carl Diem, secrétaire général du comité d'organisation des Jeux de la XIe olympiade, propose d'instaurer ce relais de la flamme olympique. Cette tradition perdure ainsi pendant plus de 70 ans.

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Depuis 2008, et à la suite de nombreuses manifestations rencontrées durant son parcours entre Olympie et Pékin, la flamme ne voyage désormais qu'en Grèce, dans un premier temps, puis ensuite dans le pays organisateur.

Mais avant même les vicissitudes de la flamme pour les Jeux en Chine, les relais de la torche olympique ont été marqués par quelques couacs ou autres faits marquants insolites... Faux relais, envoyée sous l'eau, dans l'espace, ou encore sur le toit du monde : la flamme olympique en a vu de toutes les couleurs.

Melbourne 1956 : un slip, un pied de chaise et une boîte de conserve... L'incroyable canular de Barry Larkin

Cet héritage nazi, Barry Larkin ne l'acceptait pas. Ce jeune étudiant vétérinaire de Melbourne n'est pas du tout reconnu pour ses performances sportives mais bien pour son canular réalisé à l'occasion du parcours de la flamme olympique dans les rues de Sydney, quelques jours avant son arrivée à Melbourne pour les JO de 1956. Bien aidé par un ami qui connaissait l'organisateur du relais, Barry Larkin avait préparé son coup : confectionner une fausse torche et courir au milieu de la foule en se faisant passer pour un relayeur officiel.

Avec un pied de chaise peint en argent, encastré dans une boîte de conserve de pudding aux fruits secs, et un slip imbibé d'un produit hautement inflammable, le jeune Australien ne s'attendait pas à voir sa farce fonctionner à ce point. Car Barry Larkin a même eu droit aux acclamations de la foule, avant d'être escorté par la police jusqu'au maire de la ville, Pat Hills. Ce dernier brandit d'ailleurs face à la foule le faux flambeau. Et alors qu'il avait commencé son discours, un de ses conseillers lui a glissé à l'oreille : "Ce n'est pas la torche !"

En effet, alors que Barry Larkin s'était fait la malle depuis un moment, le vrai porteur de la flamme olympique est arrivé quinze minutes plus tard. 

Séoul 1988 : les colombes brûlées

La séquence avait horrifié plus de deux milliards de téléspectateurs. En plein direct, et alors que les images sont diffusées en mondovision, l'allumage de la flamme olympique prend une tournure inattendue le 17 septembe 1988 au stade olympique de Séoul. Plusieurs colombes blanches, qui devaient être lâchées au moment où le feu s'embrasait comme le veut la tradition, ont été brûlées alors qu'elles étaient encore tranquillement perchées sur les bords de la vasque olympique.

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Les organisateurs ont fait comme si de rien n'était, poursuivant la cérémonie normalement, et le réalisateur du signal télévisuel international a attendu de longues secondes avant de passer sur un plan large sur le stade. Depuis cette séquence malheureuse, le lâcher de colombes durant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques est réalisé après l'allumage de la flamme olympique. 

Sydney 2000 : la torche rend visite à la Grande barrière de corail

Les Australiens sont souvent connus pour faire preuve d'originalité. Ils avaient aussi, d'ailleurs, envoyé un message très fort lorsque Cathy Freeman, première Aborigène de l'histoire à participer aux Jeux olympiques, a été nommée comme ultime relayeuse de la flamme olympique. Quelques jours avant, les organisateurs avaient fait plonger la torche au fond de l'océan pour visiter la Grande barrière de corail.

La torche a brûlé sous l'eau, à plus de 2000°C, pendant 2 minutes et 40 secondes. C'est la méthode trouvée par quatre scientifiques australiens, permettant ainsi à la biologiste Wendy Craig-Duncan de visiter la Grande Barrière de corail avec la flamme olympique des Jeux de Sydney, le 27 juin 2000. (SIPA)

L'image, évidemment très connue, a immédiatement fait le tour du monde. On peut y apercevoir la biologiste et plongeuse australienne, Wendy Craig-Duncan, brandissant sous l'eau bleu marine la torche olympique des Jeux olympiques de Sydney. Quatre scientifiques ont ainsi trouvé le moyen de laisser la flamme active dans l'océan où elle brûle à plus de 2 000°C, pendant près de trois minutes. 

Pékin 2008 : la flamme des polémiques sur le Toit du monde

C'est la dernière fois que la torche part d'Olympie pour rejoindre la ville organisatrice des Jeux. Une décision prise par la commission exécutive du CIO en mars 2009 à cause des incidents survenus durant le trajet de la flamme à travers le monde. Si depuis 1936, son voyage a régulièrement été perturbé par des manifestations en tout genre, cette année 2008 est unique par l'ampleur des contestations. Les Chinois avaient organisé un voyage hors norme de plus de 137 000 kilomètres, traversant pas moins de 23 pays des cinq continents.

Avant de se poser définitivement à Pékin, la torche est envoyée dans l'ascension du mont Everest (voir vidéo du JT du 8 mai, à partir de 1'20''). Pour grimper sur la plus haute montagne de la planète, les grands moyens sont déployés par la Chine. Une seconde flamme olympique a même été allumée et c'est le 8 mai 2008 que cette dernière, spécialement conçue pour résister à des températures basses extrêmes, atteint le Toit du monde, à 8 848 mètres d'altitude. Et, pour le symbole envoyé par le gouvernement chinois, c'est une Tibétaine qui porte la flamme au sommet...

Sotchi 2014 : éteinte, rallumée au briquet et envoyée dans l'espace... 

Si le parcours de la flamme olympique est désormais "limité" au pays organisateur, la Russie n'est pas du genre à faire comme tout le monde. La taille XXL du pays a pu permettre à Vladimir Poutine et à son Comité d'organisation de concocter un parcours gigantesque de 65 000 kilomètres, visitant ainsi les 83 régions de la Fédération de Russie. Tout était pensé pour que tous les Russes ou presque profitent de cette fête, en faisant en sorte que 90% des 145 millions d'habitants se trouvent à moins d'une heure du passage de la flamme. Cela n'a pas évité les couacs dès le premier jour de son relais, à Moscou, autour du Kremlin.

Le 7 octobre 2013, et quelques minutes après une cérémonie sur la Place Rouge, le deuxième relayeur, Chavarch Karapetian, voit la flamme s'éteindre petit à petit alors qu'il court à faible allure dans les rues moscovites. L'ancienne légende de la nage avec palmes est contrainte de demander de l'aide à un agent de sécurité, obligé de rallumer la torche avec un briquet classique. Durant ces premiers jours de relais, la torche est éteinte puis rallumée à plusieurs reprises.

Un mois plus tard, les Russes deviennent les premiers à envoyer le flambeau olympique dans l'espace. Partie le 7 novembre à bord d'un Soyouz, la torche a passé quelques heures dans la Station spatiale internationale (ISS). Elle a retrouvé la terre ferme, le 11 novembre, et repris sa route vers Sotchi.

Rio 2016 : un jaguar abattu, la fête est gâchée

Jusque-là, le relais de la flamme olympique se déroulait sans accroc à travers le Brésil où les cinq régions étaient visitées dans un parcours copieux de près de 35 000 kilomètres. Jusqu'à ce lundi 20 juin 2016, où la fête est gâchée. Un jaguar, l'animal roi de l'Amazonie et plus grand félin des Amériques en voie de disparition, a été abattu par balles par les autorités après que ce dernier a attaqué un vétérinaire qui tentait de l'endormir avec des tranquillisants.

Un athlète tient la flamme olympique devant "Juma", le jaguar abattu par balles à Manaus, le 20 juin 2016. (JAIR ARAUJO / AFP)

Quelques heures plus tôt, le félin dénommé "Juma" avait été exhibé sur le passage de la torche olympique, à Manaus, dans le nord du pays. C'est au moment où les militaires ont voulu déplacer le jaguar d'un enclos vers un autre dans le zoo de l'armée qu'il a tenté de s'échapper et qu'il n'a ensuite jamais pu être maîtrisé. "Nous avons commis une erreur en permettant que la torche olympique, symbole de paix et d'union entre les peuples, soit exhibée aux côtés d'un animal sauvage attaché", avait réagi le Comité d'organisation de Rio 2016 auprès de l'AFP.

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