Anne Hidalgo affaiblie, la droite retrouve des couleurs à Paris

écouter (3min)

C’est une nouvelle déconvenue pour Anne Hidalgo, après ses 1,75% au premier tour de la présidentielle. La voici contrainte de renoncer à l’un de ses projets pour Paris.

Article rédigé par
Neïla Latrous - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Anne Hidalgo vote pour le second tour de l'élection présidentielle, le 24 avril 2022, à Paris. (THOMAS COEX / AFP)

Le projet de réaménagement des abords de la Tour Eiffel dans la perspective des Jeux olympiques de 2024 était ô combien symbolique. La mairie prévoyait de "piétonniser" les alentours de la Tour, végétaliser l'ensemble avec 16.000 m2 d'espaces verts en plus, et construire des bagageries pour les touristes et des locaux pour les employés. Le hic, c’est que pour faire tout cela, il aurait fallu abattre 42 arbres, dont certains centenaires.

Inacceptable pour les associations de défense de l’environnement. Et une occasion en or pour la droite emmenée par Rachida Dati de troubler le retour d’Anne Hidalgo à Paris, après sa déconvenue à la présidentielle. “Vous avez vu comme on cogne ?”, s’amusait lundi 2 mai, un élu de droite. Lui et d’autres se sont massivement mobilisés pour relayer la grogne contre le projet de la mairie. Laquelle a annoncé, face à la fronde, revoir son projet de fond en comble.

La mairie ne cède pas seulement aux demandes des associations et de la droite. Elle répond aussi aux demandes du groupe écologiste à Paris, pourtant allié d’Anne Hidalgo, qui avait voté le projet en février... et qui a publié lundi, dans l’après-midi, un communiqué pour réclamer finalement son réexamen. Et c’est précisément ce que souhaitait la droite : enfoncer un coin entre Anne Hidalgo et ses alliés. Affaiblir la coalition qui dirige la capitale. Les faibles scores d’Anne Hidalgo à Paris au premier tour de la présidentielle (2,17%) redonnent de l’appétit à ses partenaires communistes et écologistes.

"Hidalgo va être un animal blessé, il faut s’en méfier"

Il y a aussi la perspective de cet accord national PS-Verts-Communistes et Insoumis, accord discuté par la direction du Parti Socialiste dans le dos de la maire de Paris, et qui a conduit Dominique Versini, une proche d’Anne Hidalgo, à renoncer à se présenter aux législatives. Hidalgo fragilisée à Paris, la droite compte plus que jamais en profiter. Les Républicains vont continuer à souffler sur les braises. Ils préparent "un comité d’accueil pour le 31 mai", date du prochain Conseil de Paris. Séance agitée à venir.

Un élu prévient : "On va intervenir sur tout." Au-delà du 31 mai, un proche de Rachida Dati prévoit des mois difficiles pour Anne Hidalgo, "qui aura du mal à agir" dit-il, la jugeant "prisonnière de son alliance". "Elle aura une majorité tendue à l’avenir, qui fonctionnera au chantage permanent", prédit le même. La coalition peut-elle exploser ? "Impossible", répondent les connaisseurs. Rachida Dati joue 2026, la prochaine municipale à Paris.

Mise en garde d’un proche de l’ex-ministre de Nicolas Sarkozy : "Hidalgo va être un animal blessé. Un animal blessé, il faut s’en méfier". Façon de dire que la droite aurait tort d’enterrer trop vite la candidate socialiste à la présidentielle.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.