JO 2021 - Natation : ce qu’il faut savoir avant de plonger dans le bassin du centre aquatique de Tokyo

Une équipe de France en reconstruction, un bras de fer entre l’Australie et les Etats-Unis, des records battus… La semaine olympique de natation, qui s'ouvre dès samedi, s’annonce spectaculaire à Tokyo.

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Florent Manaudou lors d'un entraînement au centre aquatique de Tokyo, le 22 juillet 2021. (KEMPINAIRE STEPHANE / KMSP)

A vos marques. Prêts. Plongez. Du samedi 24 juillet au dimanche 1er août, la natation ouvre le bal olympique à Tokyo, avant que l'athlétisme ne prenne le relais en deuxième semaine. Tous les jours, le spectacle battra son plein dans les bassins (à partir de 3h30, heure française). En point d'orgue : la finale du 100 m nage libre masculin le jeudi 29 juillet, et du 100 m nage libre féminin le lendemain. Alors, avant de plonger dans le grand bain, état des lieux des forces en présence, de l'équipe de France en pleine reconstruction aux géants australiens et américains.

L'équipe de France en reconstruction

Cinq ans après le fiasco de Rio (deux médailles d'argent et des querelles internes), l'équipe de France de natation veut tourner la page aux Jeux de Tokyo, afin de préparer au mieux ceux de Paris dans trois ans. C'est donc un groupe en pleine reconstruction qui s'avance vers cette semaine aquatique. "On a une équipe assez variée entre les jeunes et anciens. C'est génial cette mixité. On arrive avec des jeunes qui étaient un peu courts l'année dernière mais qui ont pu se qualifier cette année", détaille Alain Bernard, champion olympique du 100 m nage libre en 2008.

"C'est une nouvelle vague talentueuse qui pousse et qui sème les graines pour Paris 2024, mais qui performera à Tokyo, surtout avec le supplément d'âme qu'on retrouve aux JO. Pour reprendre un poncif du football, le groupe vit bien (rires). On sent une super ambiance, une atmosphère propice à la performance."

Yannick Agnel

à franceinfo

Emmené par Florent Manaudou, qui visera une médaille sur 50 m nage libre, ce groupe France peut-il faire mieux que les deux breloques de 2016 ? Aucun doute pour Alain Bernard, qui en bon ex-nageur se mouille au jeu des pronostics : "Je suis assez optimiste pour au moins trois médailles, même 4-5 sur le papier si tout va bien : Fantine Lesaffre, Florent Manaudou, le 4x 100 féminin et Marie Wattel, au moins".

Plutôt d'accord sur ces noms-là, Yannick Agnel ajoute : "L'équipe de France peut nous surprendre, avec des relais qui sont en embuscade, sans pression. On peut aussi avoir un Maxime Grousset médaillé sur 100m, ou un Léon Marchand qui est dans les cinq meilleurs performeurs mondiaux de l'année en 400m 4 nages".

Les promesses sont belles, après une samba triste au Brésil en 2016, même si la France des bassins aura fort à faire pour retrouver l'éclat de Londres 2012 (sept médailles, quatre en or). Mais ne parlez pas de creux générationnel à Alain Bernard : "Les résultats exceptionnels de cette époque ont été un peu banalisés, on a été mal habitué. Ca a masqué le niveau réel de la natation française, qui a toujours eu des carences sur certaines nages. L'équipe actuelle est en construction mais le talent est là", tranche Alain Bernard. Même si on est loin des ogres américains et australiens.

Les étoiles américaines et australiennes

Pour la première fois depuis les Jeux de Sydney en 2000, les Etats-Unis s'avancent sans la légende Michael Phelps (28 médailles, 23 en or). Pour combler cet énorme vide, ils comptent sur Caeleb Dressel : "Le nageur de ces JO, la star, c'est lui. Il a encore plus de chances de médailles avec les relais, il est extrêmement complémentaire entre papillon et crawl, et des aptitudes extraordinaires sur les parties non nagées", annonce Alain Bernard. "Chez les femmes, on verra peut-être le premier doublé de l'histoire sur 1500 m et 200 m avec Katie Ledecky, qui compte déjà cinq médailles d'or à 24 ans. Ce sont les deux monstres de ces Jeux", poursuit Yannick Agnel.

Mais les Américains n'auront pas le monopole de l'or. A Tokyo, la délégation la plus attendue en maillot de bain, c'est l'Australie. "C'est le Brésil de la natation. Et là ils arrivent avec une jeune génération déjà très performante", prévient Agnel, qui poursuit : "Comme toujours, le show entre l'Australie et les Etats-Unis a commencé par médias interposés avant les Jeux. Ca se fritte un peu, c'est bon pour le spectacle." Pour détrôner Katie Ledecky, le contingent australien comptera notamment sur Ariarne Titmus, qui a tutoyé deux records du monde lors des sélections à Adélaïde.

"Les sélections américaines, australiennes et russes ont été à un niveau très, très élevé. Les résultats internationaux sont assez dingues. Des records seront battus à Tokyo."

Yannick Agnel

à franceinfo

"Depuis plusieurs mois, les nageurs ne cessent de battre les records. Il y a pas mal de frustration par rapport à la pandémie, les compétitions annulées. On sent qu'ils se lâchent dans les bassins. Et puis au bord, on a des personnalités intéressantes dans toutes les équipes", développe Yannick Agnel, double médaillé d'or en 2012 à Londres, qui ajoute : "La Chine sera aussi au rendez-vous, avec la Russie juste derrière, et toutes les nations européennes. Et puis le Japon s'est bien préparé avec une très belle équipe construite en dix, quinze ans. Ils seront présents sur presque toutes les courses".

La Chine sera toutefois privée de sa tête de gondole, Sun Yang (trois médailles d'or, onze titres mondiaux), suspendu pour quatre ans et trois mois après avoir détruit à coups de marteau une fiole de son sang lors d'un contrôle antidopage en septembre 2018. Enfin, au rang des grands noms attendus, la Suédoise Sarah Sjöström (championne olympique du 100 m papillon) sera bien au rendez-vous malgré sa fracture du coude il y a quelques mois, elle qui détient quatre records du monde en grand bassin (50 et 100 m nage libre, 50 et 100 m papillon).

Enfin, le jeune Roumain David Popovici, auteur début juillet de la meilleure performance mondiale de l'année (record du monde junior du 100 m en 47''30), sera scruté sur le 100 m nage libre. Bref, à l'image de ce 100 m, ça va batailler sec dans la piscine olympique.

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