JO 2021 - Kevin Mayer : "Je donne ma vie au décathlon"

Tête d'affiche de l'athlétisme français aux Jeux olympiques de Tokyo, le détenteur du record du monde du décathlon Kevin Mayer se dit prêt à "assumer" son statut, tout en dédramatisant l'événement.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Kévin Mayer célèbre sa médaille d'or aux championnats d'Europe Indoor à Torun, le 7 mars 2021. (JEAN-MARIE HERVIO / KMSP)

L'or, et rien d'autre. Vice-champion olympique en titre, le décathlonien Kévin Mayer débarque à Tokyo avec la ferme ambition d'accrocher le seul titre qui lui manque : l'or olympique. A 29 ans, le Français, champion du monde 2017 et recordman du monde de sa discpline, ne cache pas ses ambitions à quelques jours de ses troisièmes Jeux olympiques.

Vous dites souvent que vous êtes sujet au stress juste avant une grande échéance. Sentez-vous la pression monter?

Kevin Mayer : Plus les jours passent, plus je ressens une certaine sérénité. Je me sens de plus en plus en forme et les séances sont de plus en plus plaisantes. Je ne pense plus trop aux Jeux à l'entraînement mais juste à prendre du plaisir. De toutes les façons, il n'y a que comme ça que ça marche. Les dernières semaines ont été vraiment dures, le stress commençait à se faire ressentir. Mais la forme monte et je commence à apprécier mon stress. Je sais que je peux assumer, je sais que j'ai les jambes. Je fais ce qu'il faut à l'entraînement pour être prêt le jour J.

La médaille d'or olympique est-elle une obsession pour vous?

Si quelqu'un est plus fort que moi et si j'arrive à optimiser mon potentiel, j'accepterai aisément de ne pas avoir l'or. Je m'entraîne tous les jours à fond, je donne ma vie au décathlon. J'aimerais être champion olympique mais avant tout, j'aimerais faire un très beau décathlon. Depuis 2018, ce n'est pas arrivé. C'est cela qui m'obsède : réussir les dix épreuves, comme je l'avais fait au Décastar à Talence (lors de son record du monde en 2018). C'est pratiquement impossible, mais j'aimerais m'en approcher.

Vous restez sur deux échecs en grandes compétitions au décathlon (Euro 2018, Mondiaux 2019). Est-ce que cela trotte dans votre tête?

D'un point de vue extérieur, on les voit comme des échecs mais j'ai toujours réussi à sacrément rebondir dans la foulée. En 2018, je bats le record du monde un mois après l'Euro et je considère les Mondiaux de Doha comme un apprentissage. Je ne reste jamais sur mes échecs. J'ai beaucoup appris ces derniers temps. C'est pour ça que je suis plus serein que d'habitude parce que techniquement, tout devient très très propre. Je me rapproche des spécialistes et ça me permet d'avoir plus confiance et moins peur du zéro.

La concurrence risque d'être plus exacerbée cette année avec notamment le Canadien Damian Warner, auteur du 5e total de l'histoire (8995 points) fin mai. Cela vous met-il une pression supplémentaire?

Cela donne un peu plus envie. Quand tu es tout seul et que tu es le grand favori, tu ne penses qu'à une chose : ne pas faire de zéro. Quand il y a du monde autour de toi et que tu sais que tu vas devoir te battre contre eux, tu oublies la peur et tu ne penses qu'à une chose : te dépasser. Je préfère beaucoup plus cette appréhension. L'adversité, je vais m'en servir pour être meilleur. Mais je ne me bats pas contre lui. Il faudra que je me batte contre moi-même pour être bien techniquement.

L'équipe de France aborde ces JO dans l'inconnue la plus totale et vous êtes l'une des rares valeurs sûres des Bleus. Sentez-vous le poids des responsabilités?

Je n'y pense pas. Quand on commence à penser à l'enjeu, la pression monte vraiment et on a du mal à la contrôler. Je sais que les gens attendent beaucoup de moi. Je me suis fixé des objectifs et il n'y a que ceux-ci qui me mettent la pression. Quand on arrive à de grandes échéances avec une énorme attente extérieure, c'est très difficile de prendre du plaisir.

Croyez-vous possible d'améliorer votre record du monde?

C'est dans un coin de ma tête, c'est une option. Mais c'est plus un rêve qu'autre chose. Si ça se réalise, ce serait incroyable. Le décathlon est comme un voyage durant deux jours, avec tellement de hauts et de bas que c'est à chaque fois une nouvelle histoire, à laquelle on ne s'attendait pas du tout. J'essaye juste de tout mettre en place pour faire le meilleur décathlon possible. J'ai progressé dans beaucoup d'épreuves donc, dans l'absolu, c'est possible de battre mon record du monde mais de là à le faire, c'est autre chose.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers La France aux JO de Tokyo 2021

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.