JO 2022 : une cérémonie sobre et poétique pour ouvrir les 24es Jeux olympiques d'hiver

Les 91 délégations présentes en Chine ont défilé lors de la cérémonie d'ouverture, vendredi à Pékin, au cours d'un spectacle qui a fait la part belle au printemps. 

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France Télévisions
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Les anneaux olympiques, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, le vendredi 4 février à Pékin.  (ALEXANDER VILF / SPUTNIK)

Les 24es Jeux olympiques d'hiver se sont ouverts, vendredi 4 février, dans le célèbre "Nid d'Oiseau" de Pékin. Boycottée par certains dirigeants (Etats-Unis, Royaume-Uni, Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Lituanie, Pays-Bas, Danemark et Japon), la cérémonie s'est voulue classique dans la forme mais innovante, notamment grâce à l'usage de lasers. Après le passage des 91 délégations présentes, dont la France guidée par ses porte-drapeaux Tessa Worley et Kevin Rolland, le président chinois Xi Jinping a déclaré les Jeux ouverts avec l'embrasement de la flamme olympique. 

"Il n'est de vent favorable qu'à celui qui sait où il va", dit un proverbe chinois. Visiblement, Zhang Yimou, le maître d'œuvre de cette cérémonie, savait très bien où il allait. Le réalisateur oscarisé pour "Epouses et concubines", déjà aux commandes pour les Jeux olympiques d'été en 2008, a proposé un spectacle emprunt de poésie mais pas du tout ostentatoire. Les organisateurs l'avaient annoncé, cette cérémonie serait beaucoup moins fastueuse qu'il y a 13 ans, situation sanitaire (et politique) oblige. Ils étaient ainsi 3000 à y participer, quand ils étaient cinq fois plus nombreux en 2008. 

Le classique à l'honneur

Organisé quelques jours après le nouvel an chinois, le spectacle a fait honneur au printemps, fêté ce 4 février en Chine. De nombreux tableaux se sont ainsi succédé, mettant en scène l'agriculture, l'herbe ou les pissenlits s'envolant dans le ciel de Pékin. Si, en France, une hirondelle ne fait pas le printemps, ce n'était pas le cas au Nid d'oiseau.

Parsemé de quelques feux d'artifices, qui rappelaient que la Chine en était l'inventrice, le spectacle s'est poursuivi avec le défilé des 91 délégations au son d'hymnes classiques (Vivaldi, Beethoven...) et sous les yeux de Xi Jinping et de Thomas Bach, le président du Comité international olympique.

Entre la Grèce, premier pays à défiler en temps que nation fondatrice, et la Chine qui a fermé le ban, la France a donc fait son tour de stade, en formation de V de la victoire et dans le sillage de Tessa Worley et de Kevin Rolland, les porte-drapeaux.

Ils sont enfin là plus que prêts que jamais pour aller battre leur record de médaille. La délégation française défile dans cette cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques à Pékin.
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Les sourires bleus ont vivement contrasté avec l'accueil polaire réservé à l'équipe américaine qui suivait de peu les Tricolores. Ces sifflets ont été le seul moment "politisé" d'une cérémonie qui est restée, durant plus de deux heures, dans la neutralité la plus totale. 

Après le discours volontairement pacifiste de Thomas Bach, qui a néanmoins rappelé les ravages de la pandémie dans le monde, et la reprise de l'inévitable "Imagine" de John Lennon, place a été faite à la jeunesse chinoise. Entre chants traditionnels, vidéos montrant les bébés skieurs et chorégraphie sous des flocons digitaux, la cérémonie a pris un virage infantile avant de lever le voile sur l'identité, jalousement gardée, du dernier relayeur de la flamme olympique.

Ce sont finalement le spécialiste du combiné nordique Zhao Jiawen et la skieuse de fond Dinigeer Yilamujiang qui ont eu l'honneur de poser la torche dans un écrin en forme de flocon. Un choix loin d'être anodin, cette dernière étant née dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, où la Chine est accusée de mener une violente répression contre cette ethnie à majorité musulmane. 

La technologie au service de l'une des scènes éblouissantes de la cérémonie d'ouverture. (Jewel SAMAD / AFP)

Les Jeux sont désormais ouverts par la voix de Xi Jinping. Aux athlètes, dorénavant, de remettre tant bien que mal le sport au cœur des Jeux. Comme l'a dit le président du CIO, "les JO doivent construire des ponts et non pas des murs". 

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