Info franceinfo Paris 2024 : le ministère de l’Intérieur va faire appel à son personnel administratif pour participer à la détection d’engins suspects

Ce recours au personnel administratif intervient alors que l'heure est à la mobilisation générale chez les forces de l'ordre pour les Jeux olympiques de Paris 2024.
Article rédigé par Yannick Falt
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des policiers patrouillent autour du Stade de France, le 14 octobre 2023. (YOAN VALAT / EPA)

À sept mois des Jeux olympiques de Paris, alors que les policiers, gendarmes et militaires de l'opération Sentinelle seront sur le pied de guerre et que le secteur de la sécurité privée peine à recruter autant que nécessaire, franceinfo révèle mercredi 27 décembre que le ministère de l'Intérieur va recourir à son personnel administratif pour participer à la détection d’engins suspects, dans le cadre d’un appel plus large aux volontaires dans l’administration.

Le personnel administratif du ministère de l'Intérieur et des Outre-mer est concerné, mais aussi celui de la préfecture de police de Paris. Les fonctionnaires ou contractuels seront mis à pied d'œuvre. Le dispositif s'adresse aux "volontaires pour participer à des missions de recherche d'engins suspects en appui des services spécialisés" et qui voudraient donc quitter leurs bureaux pour patrouiller en plus notamment des équipes cynophiles.

Plus de 30 000 forces de l'ordre en moyenne chaque jour pour les JO

D'ici là, les candidats devront participer à une formation de cinq jours. Au total, cela fait 30 heures pour s'initier à la détection d'explosifs, la gestion des transports en commun, les périmètres de sécurité ou encore aux fouilles des personnes, des véhicules et des bâtiments. En contrepartie, pendant les JO, une bonification en cours de négociation qui pourrait tourner autour de 70 euros par jour. Ces renforts sont plutôt vus d'un bon œil par les syndicats de police qui toutefois se demandent à quelle enquête de sécurité ces personnels seront soumis et quelles seront leurs responsabilités en cas d'incident ou de scénario catastrophe comme un attentat.

Ce recours au personnel administratif intervient alors que l'heure est à la mobilisation générale pour les JO. Effectivement, les réservistes, policiers et gendarmes, seront aussi sollicités et même les élèves des écoles de police et de gendarmerie. Les besoins sont énormes avec plus de 30 000 membres des forces de l'ordre en moyenne chaque jour, et 45 000 pour la cérémonie d'ouverture.

"À circonstance exceptionnelle, reconnaissance exceptionnelle"

Les rythmes sont là aussi en cours de négociations côté police. Il est prévu des vacations de 12 heures d'affilée, avec cinq jours de travail et un jour de repos. Il est aussi envisagé une absence de vacances pendant les jeux, et deux semaines de congé autorisées entre le 15 juin et le 15 septembre, pas plus. Des primes sont également prévues en fonction du degré d'engagement, 500, 1 000 ou 1 500 euros.

Ces sommes ne sont pas suffisantes pour le syndicat policier Alliance. Le délégué national Eric Henry voudrait une prime fixe, l'équivalent d'un 13e mois : "Entre les manifestations liées aux retraites, la criminalité classique, la lutte contre la délinquance, la Coupe du monde de rugby, les émeutes, les forces de l'ordre sont sursollicitées. Nous ne sommes pas non plus à l'abri du risque terroriste parce que malheureusement la France est menacée de façon très élevée. Donc à circonstance exceptionnelle pour les Jeux olympiques notamment, reconnaissance exceptionnelle."

Alliance et les autres syndicats du bloc majoritaire appellent déjà à une journée de mobilisation le 18 janvier alors que les sujets de friction ne manquent pas, bien au-delà du rythme de travail et des primes. Il y aura la question notamment de l'hébergement pour les effectifs mobilisés en région parisienne qui n'habitent pas sur place ou les aides pour les gardes d'enfants.

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