JO 2021 : Trois petits jours et puis s'en va... Anaïs Michel, déjà de retour en France, raconte sa brève expérience japonaise

Septième des Jeux olympiques en haltérophilie en moins de 49 kg, Anaïs Michel a fait un passage express au village olympique avant de rentrer la première à Paris, lundi 26 juillet.

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Anaïs Michel, septième des Jeux olympiques de Tokyo en haltérophilie le 24 juillet 2021, est rentrée deux jours plus tard à Paris. (VINCENZO PINTO / AFP)

Le poncif sportif "Je ne vais pas là-bas pour faire du tourisme" n’aura jamais été autant d’actualité que lors de ce rendez-vous olympique. A situation sanitaire exceptionnelle, Jeux exceptionnels. Les sportifs sont priés de ne pas s’attarder dans la capitale japonaise, une fois leur compétition terminée. Le premier avion de retour pour Paris s'est déjà posé sur le tarmac francilien, lundi 26 juillet. Le même jour, l’haltérophile Anaïs Michel est confortablement installée dans un salon d’un bel hôtel parisien, alors que deux jours plus tôt, elle soulevait 78 kilos à l'arraché et 99 kilos à l'épaulé-jeté dans la capitale nippone, à plus de 9000 kilomètres de là.

Une performance qui lui a permis de prendre la septième place dans la catégorie des moins de 49 kg. Veste de l’équipe de France sur le dos, ongles vernis aux couleurs du drapeau tricolore, la première athlète arrivée dans la capitale garde les reliques de l’aventure tokyoïte. La fatigue aussi est là, et l’athlète tricolore s’en amuse.

"Je suis éclatée, je suis cernée, mais je suis là."

Anaïs Michel

à franceinfo:sport

L’haltérophile est bel et bien présente, en chair et en os, après un passage express de trois jours au village olympique. "C'était une expérience très courte. Très intense, mais très courte. Je suis arrivée le 22 juillet au village, en fin de journée en plus, pour repartir le 25. Pour moi, tout s'est enchaîné très vite. Le 23 juillet, j'ai fait un entraînement, le 24, c’était la compétition, et le 25, j'étais dans l'avion !", raconte Anaïs Michel.

Fort heureusement, l’équipe de France d’haltérophilie était partie au Japon en amont, pour digérer le décalage horaire. "Nous sommes partis deux semaines avant les Jeux, pour un stage à Kanazawa, explique la Tricolore. Nous avons été très, très bien reçus, comme des rois. Les Japonais étaient aux petits soins, mais le cadre était très, très strict. Nous étions au treizième étage d’un hôtel et on avait accès au dixième pour se restaurer. Nous ne pouvions aller que là-bas, et nous sortions uniquement pour aller à l'entraînement ou à la balnéo deux fois par semaine. C'était très, très fermé."

La déception de ne pas pouvoir rester pour soutenir les collègues

Un environnement difficile à apprivoiser, mais la Française avait pris l’habitude de ces conditions. "C’était déjà comme ça lors des compétitions qui précédaient les Jeux. Nous étions très encadrés à Moscou, très encadrés aussi en Colombie, où nous avions un chaperon car la compétition se déroulait pendant les manifestations (demandant la démission du président Ivan Duque). Mais au moins, là-bas, nous pouvions sortir devant l’hôtel."

"Au Japon, c’était impossible de prendre l'air. Déjà, pouvoir appuyer sur le bouton de l’ascenseur, c’était limite…"

Anaïs Michel

à franceinfo:sport

Repartir du Japon sans avoir participé à la cérémonie d’ouverture et après une expérience aussi courte suscite forcément quelques regrets chez la Tricolore. "C'est dommage de ne pas pouvoir rester pour ses collègues, avec qui on s'est entraîné pendant des années. On a envie de les voir concrétiser tout ce travail, l'envie de les soutenir. Et on a aussi envie de profiter du moment. Parce que ce n'est qu'une fois tous les quatre ans - cinq cette fois, donc c'est quand même frustrant", reconnaît-elle.

Présente à Rio en 2016 en tant de partenaire d’entraînement, Anaïs Michel disputait à 33 ans ses premiers Jeux olympiques. Une expérience brève, et forcément plus solitaire qu’elle ne l’avait imaginée. "Des amis voulaient se déplacer, de la famille aussi, mais c’était impossible, ça faisait partie du 'package Covid' et on ne pouvait rien faire d'autre que de l'accepter. Cela fait partie des regrets sur ces Jeux-là", explique la championne d’Europe 2017 à Split, en Croatie.

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La magie olympique a opéré malgré les conditions

Malgré ce séjour raccourci, les contraintes quotidiennes et l’absence de public, Anaïs Michel souhaite retenir le positif de cette expérience japonaise débutée deux semaines plus tôt. Son résultat sportif, d’abord, avec le sentiment du devoir accompli : "On va tous aux Jeux en espérant briller. Mais quand je regarde mon parcours et la compétition que je fais, je suis plutôt satisfaite de moi parce que je n'ai rien lâché. J'ai tout donné sur mes six essais, les deux derniers ne sont pas passés, mais il y a eu de la bagarre et ça ne passe pas de peu."

Vivre l'expérience olympique, ensuite : "Les Jeux olympiques, c’est beaucoup d’émotions, c’est une compétition après laquelle je cours depuis très longtemps. J'avais très envie d’y briller. C'est une compétition où il y a toute une délégation derrière, il y a l'esprit bleu, le village, toute la magie des Jeux." 

"J'ai aussi vu Djoko, mais de loin, au village !"

Anaïs Michel

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Faire quelques sympathiques rencontres, enfin : "J'ai vu Florent Manaudou, que je ne connaissais pas du tout, quand on était en stage à Kanazawa. C’était un plaisir de le rencontrer. Ce sont des athlètes qui restent humbles et accessibles. C'est toujours un plaisir de croiser de grands champions." Les Jeux en valaient donc la chandelle pour Anaïs Michel, qui, après une après-midi à rencontrer ses supporters et la presse sur le Live du Trocadéro, à Paris, va maintenant prendre des vacances, et se concentrer sur sa vie professionnelle sans penser à de futurs objectifs sportifs : "Je reprends mes études en école de kiné, et ce sera ma priorité. Pour Paris 2024, on verra plus tard." 

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