Objectif Paris 2024 : Laëtitia Guapo se prépare "avec son couteau et ses tripes" pour remporter l'or en basket 3x3

Après leur quatrième place aux Jeux de Tokyo, les basketteuses françaises de 3x3, menées par Laëtitia Guapo, comptent bien monter sur la plus haute marche du podium à Paris.
Article rédigé par franceinfo
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Laëtitia Guapo lors de la demi-finale des Championnats du monde de basket 3x3, contre la Chine, le 26 juin 2022 à Anvers (Belgique). (DIRK WAEM / BELGA MAG)

Joueuse de basket professionnelle à Bourges, c'est bien en basket 3x3 que Laëtitia Guapo compte disputer les Jeux olympiques de Paris 2024. Déjà championne du monde de la discipline, la quatrième place obtenue aux Jeux de Tolyo en 2020 lui a laissé un goût amer, et une envie de revanche.

franceinfo : Vous êtes une professionnelle au Tango Bourges Basket. C'est le plus grand club de basket féminin à cinq contre cinq. Sauf que l'objectif des Jeux, ce n'est pas ça, c'est la nouvelle discipline, c'est le 3x3, le basket de rue.

Laëtitia Guapo : C'est fun, très fun. Dix minutes ou 21 points. Le but, c'est de jouer sur les plus belles places du monde entier. C'est un terrain amovible, donc on peut le monter. J'ai joué en juin sur le Pic du Midi et en juillet, je jouais dans un centre commercial en Chine par exemple. On a déjà joué dans des cirques, dans des arènes, sur les plus belles places du monde entier. C'est hyper fun, On n'est que quatre dans l'équipe, on a un coach, mais il est dans les tribunes. Il n'a pas le droit de nous coacher. Donc beaucoup d'autonomie, de responsabilité.

"Quand on est dans la machine à laver du 3x3 et qu'on manque de lucidité, prendre les bonnes décisions, des fois, ce n'est pas toujours simple, mais c'est ce qui est hyper cool, on a beaucoup de responsabilités."

Laëtitia Guapo

à franceinfo

Il faut être polyvalent, agressif en attaque, en défense, pouvoir défendre sur des petites, sur des grandes, pouvoir tirer de loin, attaquer le cercle et agresser son adversaire, voilà ce sont les particularités du trois trois. Et tout ça en musique, en extérieur et c'est trop génial.

Et on dépense beaucoup d'énergie. Marie-Ève Paget, votre coéquipière dans l'équipe 3x3, dit de vous que vous avez six poumons. C'est la réputation que vous avez de courir partout et de n'être jamais fatiguée ?

Alors si je suis quand même un peu fatiguée, mais j'adore. On me demande souvent pourquoi le 3x3. Je suis une professionnelle de 5x5 parce qu'on on n'était pas encore professionnelle au 3x3. On est professionnelles depuis septembre via la Fédération française de basket et la Ligue Auvergne-Rhône-Alpes, qui a investi dans le projet pour préparer les Jeux olympiques. Et en fait, je me suis toujours dit que, en plus des Jeux olympiques, mon rêve, c'était d'être professionnelle de 3x3 parce que c'est la seule discipline où je repousse tout le temps mes limites en équipe, en vivant des émotions de ouf avec mes coéquipières.

Dans le 5x5, je ne me mets jamais dans des états comme je peux être au 3x3. Il faut se réchauffer, on est en extérieur, il peut pleuvoir, il peut faire froid. On peut ne pas avoir de terrain d'échauffement et en fait, c'est ça qui est trop cool avec le basket de rue : ne pas se prendre la tête, mais tout en étant hyper professionnelle, sans cesse repousser ses limites. Le cardio, sur le terrain de 3x3, c'est dur. 

Beaucoup d'énergie et aussi un esprit de combattante. Vous n'êtes pas là pour participer. Je vous ai vue sur les réseaux sociaux parler de win win, du mot winner. Gagner, ça, c'est important pour vous ? Vous y allez pour l'or à Paris ? 

Oui, tout à l'heure, on m'a demandé ce que j'amènerai à Paris avec mon couteau, et j'ai dit "mes tripes" parce que je suis, je l'avoue, hyper compèt'. Je me rappelle que mes parents m'ont montré des vidéos où, déjà à trois ans, mon père me disait "On va à l'école" et je disais "Oui, je veux arriver première". Pourtant, je ne suis pas mauvaise perdante, mais je déteste perdre quand même.

Paris, c'est cette envie de médaille, de prendre une revanche sur Tokyo parce qu'on a fini quatrièmes et qu'on a cette médaille en chocolat avec un gros goût amer au fond de la gorge. Donc voilà, on a envie de gagner. 

Objectif Paris 2024 : Laëtitia Guapo au micro de Guillaume Battin

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