Journée mondiale contre l'excision : lutter contre une

a revoir

Présenté parJulian Bugier

Diffusé le 06/02/2014Durée : 00h40

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Plongée dans la barbarie ordinaire pour la Journée mondiale contre l'excision. Une pratique dont on parle peu, qui existe pourtant dans 29 pays. Egypte, Nigeria, Ethiopie. Il y aurait 126 millions de femmes excisées dans le monde.

Au Mali, toutes les femmes que l'on croise ont été excisées. 95% d'entre elles ont subi l'ablation du clitoris, quelques semaines après leur naissance. Un rite millénaire qui n'a rien à voir avec la religion. Ni la Bible, ni le Coran ne parlent de l'excision. Résultat, de graves séquelles pour beaucoup de femmes, au moment de la menstruation ou de la grossesse. Fatoumata, 12 ans, multiplie les infections depuis quelques années. Elle est prise en charge dans un dispensaire.

On m'a opérée d'un kyste. Le docteur dit que c'est lié à l'excision.

L'adolescente s'exprime peu, et chaque parole prononcée se fait dans la souffrance. Le terme "excision" semble lui être insupportable.

J'ai honte maintenant.

Aoua gère ce dispensaire et dit qu'il n'existe aucun chiffre pour mesurer l'ampleur du drame. Ce combat contre les mutilations génitales, c'est aussi son combat personnel.

Je suis une femme excisée, mais ma fille de 15 ans n'a pas été excisée. Elle ne le sera jamais, jamais, jamais.

Wassa aussi a été soignée au dispensaire. Depuis deux ans, elle est incontinente ou presque, à tel point qu'elle a du cesser d'aller à l'école. Sa maladie reste un tabou.

Tu parles de ça avec tes amies.

Non. J'en parle à personne.

Tu feras exciser ta fille.

Non.

Avant de répondre, elle a pris soin de vérifier que sa famille ne l'entend pas, car c'est sous la pression du clan que cette pratique se perpétue. La mère de Wassa regrette.

J'ai eu tort.

Est-ce que votre famille est d'accord avec vous.

J'ai menti à ma famille et j'ai dit que je l'avais déjà faite excisée. Elle a même menti à son mari qui arrive après l'entretien. Lui est toujours favorable à l'excision car dit-il, il ne faut pas aller à l'encontre des traditions.

Chez nous, il y a une continuité de traditions. celle du droit au plaisir qui ne serait réservé qu'à l'homme. L'excision permettrait aussi la fidélité de la femme.

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