Invitée : Marina Vlady au théâtre dans "Le Cavalier seul"

a revoir

Présenté parElise Lucet

Diffusé le 10/06/2014Durée : 00h48

Sa beauté a illuminé la Princesse de Clève. Elle a refusé de tourner Angélique, lui préférant un film de J-L. Godard. Artiste passionnée aux plus de 80 films, c'est aussi une femme engagée, notamment aux côtés du DAL (Droit au logement). On la retrouve au théâtre dans une pièce poétique et burlesque dénonçant l'impérialisme occidental, et les dérives intégristes de la religion. L'invitée des Cinq Dernières Minutes est Marina Vlady. Merci d'être avec nous pour "Le Cavalier seul", une pièce de Jacques Audiberti, mise en scène par Marcel Maréchal, qui joue aussi avec vous et 8 autres comédiens, dont Emmanuel Dechartre. C'est au Théâtre 14. Qui est ce cavalier qui donne le titre à cette pièce.

Marina Vlady : C'est un jeune homme qui part en croisade tout seul. Il va traverser tous les territoiresv et va rencontrer des personnages baroques, tragiques. C'est la terrible aventure de la croisade.

Elise Lucet : Et votre fils part en croisade, mais seul.

Marina Vlady : C'est mon fils et plein de personnages. J'ai la chance de jouer trois rôles très différents. C'est un bonheur pour une comédienne.

Elise Lucet : C'est une pièce très politique, sur l'église surpuissante, et qui résonne avec des thèmes très actuels. On pense à l'intégrisme.

Marina Vlady : C'est un poète avec une vision du futur. On traite des problèmes de la religion dans ses excès. C'est un thème qui est un peu en arrière-main. Avec Marcel Maréchal, c'est burlesque, c'est presque un clown qui joue. Il est magnifique et son fils qui joue le héros est formidable. Toute cette jeunesse autour est vraiment belle. La jeune fille est Céline Martin Sisteron. Il y a aussi tout un tas de jeunes comédiens qui jouent très.

Elise Lucet : Vous y changez de rôles plusieurs fois, comme tous les autres comédiens. C'est une fête du théatre, avec de jeunes comédiens.

Marina Vlady : Ça entraîne le public dans un grand voyage en Orient. Il y a aussi les violences de cette époque qui ressemble à la nôtre.

Elise Lucet : Cette pièce a été créée en1963, 10 ans plus tard, elle a été jouée en Flussie, au Brésil, en Argentine.

Marina Vlady : Elle a été écrite pendant la guerre d'Algérie et créée Le succès a été magnifique. J'ai donné un entretien à un journaliste russe.

Elise Lucet : Vous prenez toujours autant de plaisir à être sur scène.

Marina Vlady : Je suis née sur scène, c'est ma maison, l'air que je respire. Parfois j'ai le souffle coupé mais là on laisse tout de côté. On rentre dans la lumière et il y a un contact direct. Il n'y a rien de plus beau que le spectacle vivant.

Marina Vlady : Il a donné une chance aux acteurs soviétiques de jouer la pièce. Je lui dois une grande tendresse car il a montré un Hamlet là-bas. Et j'ai joué ensuite plusieurs fois avec lui C'est un ami et un homme qui revit lui aussi sur scène.

Elise Lucet : Vous êtes toujours très investie dans diverses causes, le droit des femmes, le droit au logement. Les colères, c'est salutaire pour vous.

Marina Vlady : C'est indispensable dans notre monde, on ne peut pas ne pas être ému et horrifié par C'est l'injustice qui me fait fonctionner. Il faut venir au théâtre! J'ai oublié de dire que c'est un poète.

Elise Lucet : Marina Vlady dans "Le Cavalier seul" de J. Audiberti, au Théâtre 14, jusqu'au 5 juillet avec notamment Marcel Maréchal, qui signe aussi la mise en scène.

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