Invité : Charles Rozoy : "Comment j'ai réussi à nager le papillon avec un seul bras sans tourner en rond"

a revoir

Présenté parElise Lucet

Diffusé le 04/03/2014Durée : 00h50

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Tout petit, il se voyait champion de natation. Il s'est entraîné à sillonner les bassins jusqu'à atteindre un très bon niveau. Mais à 21 ans, un chauffard l'a renversé, accident de moto, et il bascule dans le handicap. Après des moments difficiles, il a renoué avec son rêve de médaille et décroché l'or aux Jeux paralympiques de Londres. C'est cette leçon de vie qu'il raconte dans un livre. Voici maintenant l'invité des Cinq Dernières Minutes. Et cet invité, c'est Charles Rozoy. Merci d'être avec nous pour "Comment j'ai réussi à nager le papillon avec un seul bras sans tourner en rond", aux éditions de L'Equipe. On vous reçoit à quelques jours des Jeux paralympiques de Sotchi. C'est tout vous, ce titre: se dépasser, mais avec humour.

Charles Rozoy : C'est l'idée de rester comme j'étais. J'ai voulu me libérer, mais je voulais de l'humour.

Elise Lucet : Tout petit déjà, vous rêviez de décrocher une médaille olympique. Que se passe-t-il dans votre tête au moment où tout bascule ? Vous avez 21 ans et un chauffard déséquilibre votre moto.

Charles Rozoy : Ma vie ne bascule pas tout de sute, on me dit que c'est juste une fracture. On me dit votre vie est fini, vous ne ferez plus rien avec votre bras.

Elise Lucet : Il y a des moments très durs que vous racontez, quand on s'imagine champion et qu'on réalise qu'on est handicapé.

Charles Rozoy : On m'a aidé a réaliser : champion handicapé, c'est des mots, au début. Aujourd'hui j'accepte d'être en situation de handicap. Mon entraîneur me dit de réfléchir au handisport, et je répondais: "pour ça il faut être handicapé" On est souvent un peu parginaux car ça ne se voit pas. Il faut que ça se voit pour être reconnu en tant que personne handicapée, aujourd'hui.

Elise Lucet: Les médecins, par exemple, ont été très durs dans l'annonce de votre handicap, vous avez voulu écrire ce livre contre tous les briseurs de rêve.

Charles Rozoy : Ils ne veulent pas laisser de la place à l'espoir. Il faut les laisser rêver et s'épanouir.

Charles Rozoy : J'ai rencontré des briseurs de rêves, à l'école par exemple. Quand on a des rêves, il faut s'y accrocher.

Elise Lucet : C'est pour les jeunes que vous avez écrit le livre ? Les jeunes n'ont plus que le bac comme objectif alors que c'est seulement un passage.

Elise Lucet : Votre rêve, vous ne l'avez pas abandonné. Vous reprenez l'entraînement, avec le même entraîneur d'ailleurs, mais pour les Jeux paralympiques.

Charles Rozoy : Ça faisait 13 ans qu'on s'entraînait ensemble. Ça été un moment fort avec mon entraîneur. Je dis souvent que l'important c'est de donner tout ce qu'on a.

Elise Lucet : Ce n'est pas un livre sur la performance, Après on voit le résultat. c'est un livre sur une renaissance ? C'est un livre de motivation, qui aborde plein de sujets de société.

Elise Lucet : Dans les défis que vous lancez aux autres, pour qu'ils changent de regard sur le handicap, il y a cette course presque à armes égales avec Alain Bernard, triple médaillé aux Jeux de Pékin, que vous regardiez à l'hôpital.

Charles Rozoy : Il a un peu triché. Il a plongé avec les deux bras. Il avait peur de se faire mal sans doute sur le moment. C'est une amitié avec Alain. Il a été l'un des premiers à me soutenir et à m'encourager à poursuivre.

Elise Lucet : Quel symbole c'est, les jeux paralympiques.

Charles Rozoy : C'est l'essence même du sport. Il y a plusieurs catégories.

Elise Lucet : Merci Charles Rozoy, "Comment j'ai réussi à nager le papillon avec un seul bras sans tourner en rond" aux éditions de L'Equipe. Les Jeux paralympiques démarrent vendredi et on en parlera, bien sûr, sur France Télévisions.

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