Voiture volante, cape d'invisibilité : les inventions militaires qui pourraient changer votre quotidien

Vous n'achèterez peut-être pas un tank, mais certaines inventions présentées au salon de la Défense pourraient vous être utiles. 

Des lunettes à vision thermique sur le stand de la Grèce, au salon de la défense Eurosatory, le 16 juin 2014 à Villepinte (Seine-Saint-Denis).
Des lunettes à vision thermique sur le stand de la Grèce, au salon de la défense Eurosatory, le 16 juin 2014 à Villepinte (Seine-Saint-Denis). (MIKHAIL VOSKRESENSKIY / RIA NOVOSTI / AFP)

Depuis le début de la semaine et jusqu'au 20 juin, le salon international de la défense Eurosatory rassemble les dernières nouveautés des entreprises du secteur militaire. Vous ne vous sentez pas concerné ? Détrompez-vous. Certes, vous n'achèterez sans doute pas des tanks ou des bazookas, mais des innovations aujourd'hui réservées à l'art de la guerre pourraient faire votre bonheur dans les années à venir. Francetv info en a sélectionné cinq.

La cape d'invisibilité  

N'avez-vous jamais rêvé de disparaître comme l'homme invisible ? Ce fantasme pourrait devenir réalité d'ici quelques années. Capable de fondre un tank dans l'environnement, le "projet caméléon" de la direction générale de l'armement (DGA) est à la pointe des technologies de furtivité.

"Il s’agit d’une peau faite de macropixels qui changent automatiquement de couleur selon l’environnement où se situe la machine", détaille Laurent Sauques, ingénieur chargé du projet. C'est la technologie OLED (diode électroluminescente organique) qui permet entre autres cette innovation révolutionnaire. Le principe : recopier l'environnement pour le reproduire sur une structure fixe appelée "peau active", particulièrement utile pour rendre un tank complètement indétectable.

Prototype de diode électroluminescente OLED sur un support plastique
Prototype de diode électroluminescente OLED sur un support plastique (CC BY-SA 3.0)

Prévu pour équiper les blindés de l'armée d'ici une dizaine d'années, le projet devrait être testé d'ici quatre ans. L'équipe planche déjà sur un projet caméléon 2. L'idée serait de développer des matériaux plus souples qui pourraient notamment être utilisés par des fantassins et, pourquoi pas, dans quelques années, vous et moi. Aucun prix n'est pour le moment communiqué. 

Dans le civil, ce camouflage devrait plaire aux documentaristes qui tournent des images au plus près des animaux, afin de ne pas les faire fuir.

L'exosquelette qui divise par 10 le poids des objets

C'est un squelette extraordinaire. Fabriqué en deux versions, militaire et civile, il permet de diviser jusqu'à dix fois le poids des objets. Il intéresse particulièrement la DGA et les sapeurs-pompiers pour leurs interventions qui nécessitent de porter des charges excessivement lourdes. Avec la possibilité de fixer un bras industriel, il s'avère particulièrement pratique pour tout ce qui touche à la manutention, "notamment dans le domaine ferroviaire ou le secteur des bâtiments et travaux publics", explique un des ingénieurs de la PME auxerroise RB3D, à l'origine de cette fabrication 100% française.

La commercialisation du modèle grand public "Hercule V.3" est prévue pour 2016. Sa capacité est de 40 kg, contre 100 kg pour le modèle militaire. Le but qu'affiche l'entreprise RB3D est notamment de lutter contre les troubles musculo-squelettiques des professionnels. Si le succès est au rendez-vous, RB3D pourrait passer au développement d'un modèle pouvant s'adapter aux personnes handicapées. Prix indicatif du "Hercule V.3" : 30 000 euros. 

La veste refroidissante

(GROUPE MARCK)

L'ice³ Vest est une veste rafraîchissante. Elle permet de refroidir son porteur jusqu'à 15°C en-dessous de la température ambiante pendant 24 heures. "Nous l'avons testée avec les militaires français, notamment au Mali, et le retour a été très positif", affirme Rebecca Maachi, du groupe français Marck, à l'origine de son développement, en partenariat avec l'entreprise hollandaise Inuteq.

Cette veste brevetée fonctionne grâce à l'évaporation. Son activation se fait dès qu'on la remplit d'eau (jusqu'à 500 ml) et ne requiert aucune alimentation électrique ni traitement additif. C'est le simple contact de l'eau avec la chaleur du corps qui la rend efficace.

Déjà disponible à la vente sur le site spécialisé Andorstar, elle intéresse de plus en plus de particuliers, affirme Rebecca Maachi. "Des agences de voyage qui organisent des trekkings dans des pays chauds nous ont contactés. Le produit peut aussi être utile dans le domaine du sport. La membrane est adaptable dans tout type de supports, comme des casquettes. Nous voyons aussi des applications dans le domaine médical, pour les patients qui ont de fortes fièvres." Prix suggéré : 96 euros. 

Les "smart glasses" françaises 

Pendant que Google peaufine ses Google Glass, des entrepreneurs français se lancent dans la fabrication de lunettes concurrentes. C'est le cas de la PME rennaise Optinvent. Et il se pourrait même que les lunettes ORA d'Optinvent disposent d'une technologie à la fois "plus avancée et meilleure marché" que les Google Glass. "Nous avons un afficheur trois fois plus grand que celui de Google, avec une vision centrée, assure Khaled Sarayeddine, directeur technique et cofondateur d'Optinvest. On peut ainsi faire de la réalité augmentée en superposant des images virtuelles." 

Optinvent imagine équiper les militaires en mission qui ont besoin d'avoir des informations rapidement et à portée de main. C'est le cas, par exemple, des parachutistes. Pour le grand public, l'utilité est toute trouvée : "C'est aussi simple que d'avoir une tablette en face des yeux."

Optinvent ne développe cependant pas les applications comme Google, mais utilise le système Android pour que des développeurs s'emparent de l'objet. Les premières ORA "smart glasses" seront livrées dès le mois de juillet à "des industriels du monde entier". Le commun des mortels peut d'ores et déjà commander le premier modèle directement sur le site de l'entreprise pour 699 euros.

La voiture volante

A mi-chemin entre buggy et ULM, le Pegase est le tout premier véhicule volant homologué en Europe. Avec une vitesse de pointe de 80 km/h, cet engin tout terrain permet de décoller et d'atterrir en moins de 50 mètres. Le bolide a été fabriqué par la start-up alsacienne Vaylon en partenariat avec les forces spéciales. Le but pour les militaires : pouvoir atteindre des sites difficiles d'accès, notamment lors de missions de reconnaissance, sauvetage, infiltration ou exfiltration.

Pour le grand public passionné d'aviation, la commercialisation est prévue d'ici 2015 pour un prix qui avoisinera celui d'un ULM. Des ONG qui opèrent dans des pays sinistrés pourraient se montrer intéressées. Le Pegase pourrait aussi être utilisé dans la surveillance de parcs nationaux.  

Le sac à dos dessalinisateur

(TECKNISOLAR)

L'entreprise Tecknisolar a développé un dessalinisateur solaire capable de produire cinq litres d'eau douce par heure. Conçu sous forme de sac à dos, il fonctionne grâce à un système de pompage de l'eau de mer et de filtre. Il est utile dans les zones qui ne disposent pas d'eau potable, notamment pour les troupes stationnées au Moyen-Orient. 

Si aucune commercialisation pour le grand public n'est prévue ni aucun prix communiqué, l'invention, encore au stade de prototype, pourrait bien séduire certains pays comme l'Arabie saoudite ou les Emirats arabes unis, qui souffrent du manque d'eau et qui utilisent déjà les techniques de dessalement.