5G : "Les niveaux d'exposition devraient être relativement faibles et limités", estime un responsable de l'Anses

Le chef d'unité Olivier Merckel précise toutefois que les effets sur la peau de la bande 26 GHz "pose des questions". Il estime "important de regarder ce qui se passe quand on est exposés à ces ondes électromagnétiques".

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Une antenne 5G en Chine. (NICOLAS ASFOURI / AFP)

Olivier Merckel, chef d'unité d'évaluation des risques liés aux agents physiques à l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), affirme, mardi 20 avril, sur franceinfo que "les niveaux d'exposition" de la 5G "devraient être relativement faibles et limités".

Dans un avis très attendu l'Anses déclare que le déploiement de la cinquième génération de téléphonie mobile ne présentait "pas de risques nouveaux". Mais selon Olivier Merckel, les effets sur la peau de la bande 26 GHz "pose des questions". Il estime "important de regarder ce qui se passe quand on est exposés à ces ondes électromagnétiques".

franceinfo : Après la publication de votre avis, est-ce que la question de la dangerosité de la 5G reste en suspend ?

Olivier Merckel : Il faut bien comprendre que finalement, il y a un calendrier politique, un calendrier technique qui, évidemment, conduit ou pas à développer des technologies. Puis, il y a le calendrier de la science avec d'abord la recherche qui s'effectue sur un temps long, voire très long, puis le calendrier de l'expertise. En l'occurrence, le travail qui a été mené, c'est la continuité du travail effectué par l'Agence depuis de nombreuses années sur les effets des radiofréquences sur la santé.

À l'heure actuelle, dans les bandes de fréquences que l'on connaît bien, qui ont été examinées avec beaucoup d'attention par la recherche scientifique, on n'a aucune preuve d'un effet de l'exposition sur la santé.

Olivier Merckel (Anses)

à franceinfo

Quand on parle des développements actuels de la 5G dans la bande notamment, qui intéresse un peu tout le monde avec les hauts débits à 3,5 GHz, on n'a pas aujourd'hui d'indications qui nous permettent de dire qu'on s'attend à des effets sur la santé.

Vous n'avez pas de preuve que cela n'a pas d'effet non plus ?

Bien sûr, mais cela, on ne pourra jamais le dire. On le sait très bien. On ne pourra jamais démontrer qu'un agent physique, qu'un agent chimique, qu'un agent biologique n'a pas d'effet sur la santé. Tant que la recherche est active, on ne peut pas exclure qu'un jour, on découvre quelque chose, mais il faut vivre avec ça. En l'occurrence, ce qui est important, c'est notamment de prendre un petit peu d'avance par rapport à cette troisième bande de fréquences qui était évoquée, 26 Ghz, dont on sait que les développements interviendront dans les années futures, et où là, même si effectivement, on sait qu'en raison de cette fréquence très élevée, les ondes ne pénètrent plus à l'intérieur du corps, elles sont arrêtées au niveau de la peau. Cela pose des questions. On se retrouve avec une absorption d'énergie plus importante au niveau de la peau. Donc, forcément, il faut aujourd'hui se poser les bonnes questions, entamer la recherche sur ces sujets-là.

C'est pour cela que vous préconisez de nouvelles études ?

Oui. On sait que la peau, ce n'est pas qu'une coquille. C'est en fait un organe extrêmement important qui est notre interface finalement avec le monde extérieur. Tout effet qui peut intervenir sur la peau peut également être en relation avec d'autres mécanismes, le métabolisme global. Donc, il est important de regarder ce qui se passe quand on est exposé à ces ondes électromagnétiques auxquelles aujourd'hui on n'est pas exposé.

La grande question aussi, c'est d'anticiper sur les futurs usages et donc les niveaux d'exposition qu'on sera éventuellement amené à subir.

Olivier Merckel

à franceinfo

Ce qui nous rassure en revanche, d'une certaine manière, c'est que l'on a pu réaliser certaines estimations, certaines simulations de niveaux d'exposition qui montrent a priori que les niveaux d'exposition, même à ces fréquences élevées, même un grand nombre d'objets connectés, devraient être relativement faibles et limités.

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