Netflix et Disney : "On revient au monopole de la distribution, de la production et de l'exploitation"

Alexis Dantec, économiste et directeur général de la Sofica Cofinova, a expliqué, jeudi sur franceinfo, pourquoi le retrait de Disney des catalogues de Netflix était un retour en arrière.

Disney a décidé de retirer ses films du catalogue Netflix, mardi 8 août 2017.
Disney a décidé de retirer ses films du catalogue Netflix, mardi 8 août 2017. (YOSHIKAZU TSUNO / AFP)
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Disney a décidé de retirer ses films du catalogue Netflix en mettant fin au partenariat unissant les deux groupes. Le groupe américain a décidé de lancer son propre service de diffusion en flux continu. Cette situation "était celle d’avant la guerre. On revient au monopole de la distribution, de la production et de l’exploitation", a estimé, jeudi 10 août sur franceinfo, Alexis Dantec, économiste et directeur général de la Sofica Cofinova, un fonds d’investissement dans le cinéma.

franceinfo : Pourquoi ce retrait est un moment important ?

Alexis Dantec : On peut voir cela comme un écosystème qui s’autorégule avec un équilibre relativement précaire en ce qui concerne les films et les séries. C’est considérable, car on se rapproche d’une situation qui était celle d’avant la guerre. En 1948, le Sherman Act a eu lieu. Il a cassé le monopole de distribution des grands studios. On leur a refusé d’être des exploitants de salles et des distributeurs de films. Aujourd’hui, il se passe l’inverse, on en revient au monopole de la distribution, la production et l’exploitation.

Quel rôle joue Netflix dans cet écosystème ?

Avant, Netflix était comme un loueur de vidéo club puis il a suivi Internet. Il a pris une taille très importante. En France, d’un côté il achète des films plutôt d’auteur comme Divines ou des tout petits films comme Mercenaire. Et il refuse de négocier dans l’écosystème. Netflix fait tout en interne. Il n'a pas d’autres investisseurs a priori. Si on regarde dans le détail, pour financer le film coréen Okja, par exemple, ils ont aspiré la totalité du crédit d’impôt local pour financer le film. En fait, il y a quand même un aspect prédateur qui est logique et qui va se mettre en concurrence avec les studios.

Est-ce qu'une bataille peut se déplacer vers la France comme le bras de fer entre SFR le diffuseur et TF1 avec la vidéo à la demande ?

TF1 bloque ses chaines sur SFR, mais ce sont des arguments de négociations. Netflix n’est pas un distributeur, mais un éditeur de film. Les enjeux ne sont pas les mêmes. D’un côté, on a des gros intervenants comme Canal + et Orange qui investissent dans le cinéma et, de l’autre côté, on a Netflix qui voudrait bénéficier du système de financement des films.

"Avant, Netflix était comme un loueur de vidéo club puis il a suivi Internet", Alexis Dantec
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