Homophobie, sexisme, grossophobie... L'humour de la série "Friends" ne passe plus si bien auprès des jeunes générations

En redécouvrant la série via Netflix ces derniers jours, les jeunes, mais aussi des anciens fans, ont témoigné d'un humour parfois daté, voire dérangeant.

Les acteurs de \"Friends\" posent pour présenter la saison 6, en 1999.
Les acteurs de "Friends" posent pour présenter la saison 6, en 1999. (NBC / NBCUNIVERSAL / GETTY IMAGES)

Joey le dragueur macho est-il en fait un gros lourd ? Ross, dont l'ex-femme est lesbienne, est-il homophobe ? Transphobe, Chandler ? A l'occasion de l'arrivée dans l'offre Netflix de Friends, la série culte des années 1990, les "millenials" découvrent avec scepticisme l'humour des six amis new-yorkais, rapporte le quotidien britannique The IndependentVendredi 12 janvier, son site internet s'est fait l'écho des critiques formulées par une génération bien plus vigilante que ses ainées lorsqu'il s'agit de repérer des discriminations.

Clichés sexistes, absence de diversité, etc.

The Independant donne aussi la parole aux fans de la première heure qui, revisitant l'œuvre, découvrent que les blagues qui les faisaient sourire il y'a 20 ans les mettent aujourd'hui mal à l'aise. "J'étais à la fac dans les années 1990 donc j'étais impatiente de revisionner Friends sur Netflix. Mais je suis d'accord : les blagues sur 'la grosse Monica' et 'Chandler, cet homo' sont déplacées aujourd'hui", résume une internaute, pointant l'enchaînement de clichés grossophobes et sexistes dans plusieurs épisodes, sans oublier le manque de diversité. 

En 2015 déjà, une journaliste de Slate.com (en anglais) s'était penchée sur le cas du personnage de Chandler, à la fois drôle et désabusé, mais surtout "le pire" et le "plus obsolète" de la bande : "Rétrospectivement, le traitement des questions LGBTQ dans la série est horrible, écrivait-elle. Mais la façon dont Chandler traite son père homosexuel et drag-queen à Las Vegas, joué par Kathleen Turner, est particulièrement choquant. Un point de la série dont elle-même ne semble pas avoir conscience."