"On n'est pas dans une activité de loisir" : l'Observatoire de la parentalité demande l'application du Code du travail pour les enfants stars sur Youtube

Ces enfants "sont privés d'une partie de leur vie", estime jeudi sur franceinfo Thomas Rohmer, président de l'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique (Open). L'association demande à la justice de s'emparer du sujet.

La page d\'accueil du site internet Youtube (illustration).
La page d'accueil du site internet Youtube (illustration). (LOIC VENANCE / AFP)

Depuis quelques années, les vidéos d'"unboxing" (déballage en anglais), dans lesquelles on voit des enfants tester des jouets ou d'autres produits face caméra, rassemblent des millions d'abonnés sur internet. L'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique (Open) tire la sonnette d'alarme et a envoyé plusieurs courriers pour demander à la justice de s'emparer du sujet. Le Conseil national de protection de l'enfance a également été saisi. "On n'est pas dans une activité de loisir", estime, jeudi 24 mai sur franceinfo Thomas Rohmer, président de l'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique.

franceinfo : Pourquoi ces vidéos vous gênent ?

Thomas Rohmer : On considère, au regard du succès qu'elles remportent, qu'il s'agit d'une volonté souvent mercantile pour ces parents dont la plupart ont monté une société derrière tout ça. Donc, on n'est pas dans une activité de loisir. Au volume de ce que cela représente, il y a d'énormes revenus en jeu et ces enfants, en tant qu'association de protection de l'enfance, on estime qu'ils sont privés d'une partie de leur vie. La première chaîne dépasse les 2,5 milliards de vidéos vues. Je pense que beaucoup de médias rêveraient d'avoir une telle audience.

Quel problème cela pose ?

On peut se mettre à la place de ces enfants qui doivent être enfermés dans un sentiment de loyauté affectif vis-à-vis de leurs parents et du coup, ils ont du mal à arrêter. On peut se demander ce qu'il adviendra de ces enfants dans quelques années et de leurs images numériques. Ce sont de très jeunes enfants, moins de 6 ans, et le phénomène prend de l'ampleur.

Que peut-on faire ?

L'idée n'est pas de vouloir interdire, mais d'accompagner et d'encadrer. On a la chance d'avoir en France un Code du travail et notamment des lois qui sont assez protectrices pour les enfants qui travaillent dans le milieu artistique. Nous réclamons que ces enfants puissent bénéficier de ces lois qui réglementent le rythme de travail et la rémunération.