Majorité numérique : "plein de questions" remettent en cause cette mesure

La directrice de l'association E-Enfance a dit jeudi sur franceinfo craindre que l'âge minimum pour s'inscrire sur un réseau social soit "une fausse promesse pour les parents".

Une enfant devant son ordinateur, à Chisseaux (Indre-et-Loire), le 27 février 2013.
Une enfant devant son ordinateur, à Chisseaux (Indre-et-Loire), le 27 février 2013. (AFP)

La "majorité numérique" ne sera pas facile à mettre en place selon une association spécialisée. "Il y a plein de questions sur la faisabilité qui remettent en cause cette mesure", a réagi jeudi 8 février sur franceinfo Justine Atlan, la directrice d'E-Enfance. Dans le cadre de l'examen du projet de loi sur les données personnelles, les députés ont fixé à 15 ans l'âge minimum pour s'inscrire seul, sans accord parental, sur un réseau social. Justine Atlan "craint que ce soit une fausse promesse pour les parents." Selon elle, ils risquent de "penser qu’il va exister un cadre législatif qui permettra d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans."

Entre 13 et 15 ans, les députés ont opté pour le double-consentement. Les plateformes comme Facebook, Twitter, Instagram ou Snapchat, devront recueillir le consentement de l'enfant et celui de ses parents ou représentants légaux. En-dessous de 13 ans, la collecte de données est interdite. Mais, "personne ne comprend comment ça va être mis en place concrètement", s'est agacé la directrice de l'association E-Enfance.

Le mensonge pour contourner la loi

"Comment vérifie-t-on l’âge de l’enfant ?", s'est interrogée Justine Atlan avant de souligner le cas où l'enfant voudrait "mentir sur son âge pour ne pas avoir besoin de l'accord de ses parents". Selon elle, il est aussi difficile de "vérifier que les parents ont donné leur accord".

Justine Atlan prône l'accompagnement de l'enfant. L'interdiction peut au contraire faire fuir l'adolescent "sur des plateformes moins sécurisées". Les réseaux sociaux doivent "prévoir un cadre spécifique pour les mineurs" a-t-elle estimé en donnant des exemples : le fait de "ne pas collecter les mêmes données personnelles chez un mineur qu’un majeur, ne pas les inonder de publicité, leur permettre de pouvoir récupérer les données personnelles où les effacer à l’âge de la majorité".

La présidente de l'association E-Enfance s'est dite favorable à un "cadre protecteur" mais avec des parents à distance. Pour elle, "il faut trouver un juste milieu", pour éviter que ce ne soit "contre-productif".