L'Australie se dit victime d'une cyberattaque d'un "acteur étatique"

La Chine est soupçonnée d'être à l'initiative de cette vaste attaque qui vise les systèmes informatiques du gouvernement, d'administrations et d'entreprises.

Le Premier ministre australien Scott Morrison lors d\'une vidéoconférence avec les leaders du G20 à propos du coronavirus, le 26 mars 2020 à Canberra.
Le Premier ministre australien Scott Morrison lors d'une vidéoconférence avec les leaders du G20 à propos du coronavirus, le 26 mars 2020 à Canberra. (GARY RAMAGE / POOL / AFP)

L'Australie a affirmé, vendredi 19 juin, être la cible d'une vaste cyberattaque d'un "acteur étatique" qui vise les systèmes informatiques du gouvernement, d'administrations et d'entreprises. "Des organisations australiennes sont actuellement visées par une cyberattaque d'un acteur étatique sophistiqué", a assuré le Premier ministre, Scott Morrison.

Il a organisé en urgence une conférence de presse à Canberra pour prévenir ses concitoyens des "risques spécifiques" auxquels ils se retrouvaient exposés. Selon le dirigeant, "cette activité cible des organisations australiennes dans toute une gamme de secteurs, à tous les niveaux du gouvernement, de l'économie, des organisations politiques, des services de santé et d'autres opérateurs d'infrastructures stratégiques".

La Chine dans le viseur

D'après les médias australiens, la liste des suspects est très réduite, parmi les Etats ayant un savoir-faire dans ce domaine (en dehors des pays occidentaux, la Chine, la Corée du Nord, l'Iran, Israël ou la Russie). De forts soupçons pèsent sur la Chine, qui a infligé en mai des droits de douane punitifs contre certaines exportations australiennes. La télévision ABC a cité des "sources hauts placées" confirmant que le pays dirigé par Xi Jinping serait derrière ces attaques.

Selon l'agence australienne responsable du renseignement et de la sécurité électronique, cette attaque a été conçue de manière à ne pas pouvoir en déterminer l'origine. Dans cet objectif, les auteurs ont utilisé des logiciels de cyberattaque déjà existants sur le "dark web" et librement accessibles, selon la même source. Scott Morrison a dit vendredi avoir informé l'opposition de ces attaques informatiques "malveillantes", et exhorté les institutions et entreprises à "se protéger". Il n'a pas donné de détail technique, mais indiqué que les données personnelles des Australiens n'avaient pas été dérobées et que beaucoup d'attaques avaient échoué.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a assuré vendredi que son pays était "un défenseur résolu de la cybersécurité", qui a "toujours été résolument opposé (...) à toutes les formes de cyberattaques".