Une cliente critique la Société Générale sur Twitter, son agence clôture ses comptes

Libraire, Julie Goislard exprimait sur le réseau social son mécontentement face à des dysfonctionnements récurrents de son terminal de paiement et à l'absence de réponse du service client.

(BENOIT TESSIER / X02011)

Une cliente qui avait critiqué sa banque sur les réseaux sociaux va voir l'ensemble de ses comptes et ceux de sa famille clôturés. Le 28 décembre, Julie Goislard, libraire à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), partageait sur les réseaux sociaux sa mésaventure : après s'être plainte sur le compte Twitter de sa librairie de dysfonctionnements de son terminal de paiement, ses comptes professionnel, personnel, son compte joint, celui de son conjoint et de sa fille de 9 ans vont être clôturés par sa banque, la Société Générale.

La libraire, dont l'histoire a été relayée par Le Parisien, déclare avoir réglé l'ensemble de ses crédits et n'avoir aucun découvert auprès du groupe bancaire, dont elle est cliente depuis 2011. Très active sur les réseaux sociaux, elle avait déjà affiché en septembre et en octobre derniers sur son compte professionnel Twitter son mécontentement face à des dysfonctionnements récurrents de son terminal de paiement et à l'absence de réponse du service client correspondant.

Se disant excédée, elle se plaint également sur le service clients Twitter de la Société Générale. "Piqué au vif, le directeur m'appelait enfin, me menaçant de fermer mes comptes, si je continuais à tweeter", narre-t-elle sur la page Facebook de sa librairie.

"Il fallait bien trouver un motif"

Au début du mois de décembre, elle reçoit une première lettre l'informant de la prochaine fermeture de son compte professionnel en raison d'un dépassement de découvert non autorisé. "Un prétexte", affirme Julie Goislard, qui conteste avoir eu ce découvert. Dans la foulée, "nous avons eu un entretien avec le directeur d'agence qui nous a dit qu'il fallait bien trouver un motif" à cette fermeture de compte, poursuit-elle.

Interrogée par l'AFP, la Société Générale explique ne pas pouvoir commenter la situation particulière d'un client. Mais "jamais nous ne fermons un compte pour des messages envoyés sur Twitter", affirme une porte-parole. "Au contraire, nous encourageons nos clients à échanger via notre service après-vente sur les réseaux sociaux, disponible depuis plus de dix ans et au travers duquel plus de 60 000 messages par an sont traités", développe-t-elle.

Légalement, une banque peut clôturer le compte d'un particulier en lui donnant un préavis d'au minimum deux mois et sans motiver sa décision, sauf si le compte a été ouvert après l'activation de la procédure de droit au compte. "J'aurais dû changer de banque mais devant l'aspect complexe d'une telle démarche – quand on a de nombreux fournisseurs – je suis restée", concède la libraire, qui déplore également la réaction du directeur de l'agence bancaire.