Réforme du droit d'auteur : "Des plateformes superpuissantes se servent de nos œuvres pour dégager des profits énormes"

L'auteure et chanteuse Emily Loizeau milite pour la nouvelle directive européenne présentée la semaine dernière et qui vise à mieux rémunérer les créateurs de contenus sur les plateformes en ligne. 

FRANCEINFO / RADIOFRANCE

Les eurodéputés débattent mercredi 12 septembre de la réforme du droit d'auteur, qui oppose artistes et éditeurs de presse aux géants du numérique et militants de la liberté sur internet. "Des plateformes superpuissantes se servent de nos oeuvres pour dégager des profits énormes, monétisent nos oeuvres et ne reversent rien à nous, les auteurs", s'est désolé Emily Loizeau, chanteuse, auteure et compositrice, sur franceinfo.

Ils avancent comme argument la gratuité, la liberté et la liberté d'expression, mais c'est très cynique de dire que nous serions des censeurs en défendant nos droits

Emily Loizeau

à franceinfo

La nouvelle directive imposerait aux plateformes qui diffusent des contenus (YouTube notamment) de signer des accords de rémunération avec les auteurs. Faute d'accord, la plateforme sera alors tenue de mettre en place un filtrage. "Nous sommes dépendants de ces plateformes", a expliqué Emily Loizeau. "YouTube est le premier accès pour nous et c'est un accès formidable. C'est très utile mais il faut reverser leur part aux auteurs."

"Les usagers ne vont pas du tout être mis à contribution là-dessus", a promis Emily Loizeau. "On essaie de nous faire croire cela, mais c'est faux. Il y aura juste un contrat entre les auteurs et les plateformes pour qu'un pourcentage soit reversé".

Emily Loizeau, invitée de franceinfo, mercredi 12 septembre 2018. 
Emily Loizeau, invitée de franceinfo, mercredi 12 septembre 2018.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)