DOCUMENT FRANCE 2. Vie privée, données personnelles, propos haineux… Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, s'exprime sur les responsabilités du réseau social

Avant son interview, le patron de Facebook était à l'Elysée, pour discuter avec Emmanuel Macron des moyens de lutter contre les contenus haineux.

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Il est en visite en France. Le PDG et cofondateur de  Facebook, Mark Zuckerberg, a répondu, vendredi 10 mai, aux questions de Laurent Delahousse sur les propos haineux diffusés sur le réseau social. "Nous avons une responsabilité pour que ces messages ne soient pas sur nos plateformes", a-t-il déclaré. Il a prôné la mise en place de nouvelles règles. "Nous sommes en démocratie, ça fonctionne. C'est pour ça que nous allons travailler avec le président Emmanuel Macron", a-t-il ajouté.

Mark Zuckerberg a également appelé à "travailler avec les gouvernements pour déterminer ce qu'il faut faire". "Je ne crois pas qu'une entreprise privée, seule, ait le droit de prendre ce genre de décision, de ce qui doit être ou pas sur nos réseaux", a-t-il estimé. L'interview a été diffusée dans le journal de 20 heures sur France 2, mais avait été enregistrée quelques minutes auparavant.

Le patron de Facebook est également revenu sur le rôle du réseau social dans l'attentat de Christchurch (Nouvelle-Zélande). Facebook avait échoué à empêcher la diffusion en direct sur sa plateforme des images du massacre qui avait fait 50 morts en mars. Il n'avait pu intervenir qu'au bout de 17 minutes. "Cet attentat terroriste est une horreur. (...) Il y a un certain nombre de changements qui pourraient nous aider", assure Mark Zuckerberg. Il parle d'"empêcher ces personnes de faire des lives, si on sait par exemple qu'elles ont déjà commis des crimes", ou bien de "faire en sorte que ces images ne puissent pas se répandre". "On a bloqué 1,2 million de partages", ajoute-t-il à propos de la vidéo de l'attentat. 

La lutte contre les contenus haineux en discussion

Avant l'interview, Mark Zuckerberg a rencontré Emmanuel Macron à l'Elysée. Il a discuté avec le chef de l'Etat des moyens de lutter contre les contenus haineux, alors que la pression s'intensifie pour réguler les réseaux sociaux et tout particulièrement Facebook.

La France veut être aux avant-postes dans l'élaboration d'une régulation européenne qui constituerait une troisième voie entre le laisser-faire américain et la "surrégulation" chinoise. Une proposition de loi de la députée LREM Laetitia Avia propose d'imposer un délai de 24 heures pour supprimer les contenus haineux et fixe des sanctions pouvant représenter jusqu'à 4% du chiffre d’affaires. Le patron de Facebook a suggéré de limiter la "viralité" du contenu plutôt que sa durée de publication, en empêchant par exemple qu'il soit republié ou suggéré à d'autres utilisateurs.

Mark Zuckerberg, interrogé par Laurent Delahousse, le 10 mai 2019, à Paris. 
Mark Zuckerberg, interrogé par Laurent Delahousse, le 10 mai 2019, à Paris.  (FRANCE TELEVISIONS)