Le projet de monnaie de Facebook a "échoué", selon le ministre suisse des Finances

Plusieurs entreprises bancaires se sont retirées du projet face à la grogne des états.

Mark Zyckerberg, créateur et dirigeant de Facebook, au Capitole, à Washington D.C. (Etats-Unis), le 23 octobre 2019. 
Mark Zyckerberg, créateur et dirigeant de Facebook, au Capitole, à Washington D.C. (Etats-Unis), le 23 octobre 2019.  (WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Le ministre suisse des Finances Ueli Maurer estime que le projet de monnaie numérique Libra de Facebook "a échoué dans sa forme actuelle", d'après un entretien publié vendredi 27 décembre par la chaîne suisse SRF. "Les banques centrales ne vont pas accepter le panier de devises" sur lequel Libra est censée s'appuyer, a estimé celui qui est également le président sortant de la Confédération suisse, une fonction largement symbolique.

Cette déclaration constitue un nouveau coup dur pour le projet du géant des réseaux sociaux, censé voir le jour en 2020 mais lourdement contesté par les autorités depuis des mois. La Libra sera en théorie gérée par une association indépendante composée d'entreprises et organisations à but non lucratif, basée à Genève.

2,2 milliards d'utilisateurs potentiels 

PayPal, puis Stripe (ainsi que Visa, Mastercard et d'autres) se sont retirés du projet, sous la pression croissante des régulateurs américains et étrangers. Ils s'inquiètent en effet de potentielles utilisations malveillantes de la monnaie, et pointent la mauvaise réputation du géant californien d'internet en matière de confidentialité et de protection des données personnelles. Les Etats et Banques centrales redoutent aussi de perdre leur souveraineté: ils sont pour le moment les seuls à avoir le droit de battre monnaie.

La taille de Facebook - avec chaque jour environ 2,2 milliards de personnes qui se connectent à au moins l'une de ses plateformes (Instagram, WhatsApp, Messenger, Facebook) - implique que la nouvelle monnaie pourrait perturber le système financier mondial et rendre la tâche plus difficile aux banques centrales, avait déjà observé le président de la Fed il y a quelques mois.En octobre, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, avait répété que la Libra ne serait pas lancée avant d'avoir obtenu tous les feux verts nécessaires des régulateurs.