L'Irlande ouvre une enquête après le piratage de 50 millions de comptes Facebook

Il s'agit de la première application contre un poids lourd d'internet du Règlement européen sur la protection des données, entré en vigueur dans l'UE en mai dernier.

Le logo de Facebook au siège européen de l\'entreprise, le 22 octobre 2015, à Dublin en Irlande.
Le logo de Facebook au siège européen de l'entreprise, le 22 octobre 2015, à Dublin en Irlande. (CHRISTOPH DERNBACH / DPA)

L'Irlande a annoncé avoir ouvert une enquête, mercredi 3 octobre, après le piratage de 50 millions de comptes du réseau social Facebook"La Commission irlandaise de protection des données (DPC) a ouvert une enquête aujourd'hui" pour "vérifier si Facebook a rempli ses obligations (...) de protection des données", a annoncé cette institution dans un communiqué.

Facebook, dont le quartier général européen est basé en Irlande, "a informé la DPC que son enquête interne se poursuivait et que l'entreprise continuait à prendre des mesures correctives pour atténuer les risques potentiels sur les utilisateurs", a-t-elle précisé. L'ouverture de cette enquête constitue une première application contre un poids lourd d'internet du Règlement européen sur la protection des données (RGPD), entré en vigueur dans l'Union européenne le 25 mai.

Environ 5 millions d'Européens

Le règlement vise à mieux protéger les données personnelles des Européens à l'ère numérique. Il renforce les droits des internautes, établit des obligations claires pour les entreprises et donne aux régulateurs européens de nouveaux pouvoirs de contrôle et de sanctions. Facebook risque gros. Le texte prévoit notamment des amendes allant jusqu'à 20 millions d'euros ou 4% du chiffre d'affaires pour les entreprises prises en faute. En 2017, Facebook a engrangé plus de 40,6 milliards de dollars de revenus.

La récente faille de sécurité révélée fin septembre par le réseau social aurait touché quelque 5 millions d'Européens, sur les 50 millions de comptes affectés au total, selon la commissaire européenne en charge de la Justice, Vera Jourova. Cette faille, qui a été "réparée" selon le patron du réseau social Mark Zuckerberg, a permis à des pirates d'accéder aux informations figurant sur les profils des utilisateurs (noms, genre, ville...).