La valeur en bourse de Facebook chute de 119 milliards de dollars en une journée, un record à Wall Street

L'action a chuté de 19% sur la journée de jeudi, plombée par des résultats décevants et des polémiques.

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, lors d\'une conférence à San Jose, en Californie (États-Unis), le 1er mai 2018.
Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, lors d'une conférence à San Jose, en Californie (États-Unis), le 1er mai 2018. (JOSH EDELSON / AFP)

Embourbé dans les polémiques, doublées de résultats décevants et d'une chute vertigineuse du titre en Bourse, Facebook affronte une forte tempête, jeudi 26 juillet, et son horizon financier semble bien assombri.

L'action du premier réseau social au monde a dévissé dès les premiers échanges à Wall Street. A la clôture, le titre valait 176,26 dollars, soit une chute de 19%. A ce niveau, cela correspond à une perte de 119 milliards de dollars de capitalisation boursière (102 milliards d'euros environ). C'est la plus importante perte de valorisation jamais enregistrée en une séance à Wall Street

La croissance des revenus va continuer à ralentir

Cette chute abyssale intervient au lendemain de la publication de résultats décevants au deuxième trimestre tandis que ses responsables prévenaient que le ralentissement devrait se poursuivre. Le directeur financier du groupe, David Wehner, a prévenu lors d'une conférence téléphonique avec des analystes que la croissance des revenus avait déjà "ralenti" au deuxième trimestre et qu'elle continuerait à ralentir assez nettement aux prochains trimestres.

Le chiffre d'affaires bien qu'en hausse de 42%, à 13,2 milliards de dollars, est en dessous des attentes des analystes. Avec 2,23 milliards d'usagers actifs mensuels, Facebook fait à peine plus que fin mars et, là aussi, c'est moins que ce qu'anticipaient les marchés.

Selon Facebook, ce ralentissement résulte en partie d'une nouvelle approche concernant les données personnelles et la sécurité – au cœur du scandale Cambridge Analytica (CA) qui a éclaté mi-mars – mais le groupe de Mark Zuckerberg semblait aussi reconnaître les limites de la croissance par la publicité, qui fournit la quasi-totalité de ses revenus.

"Nous investissons dans nos systèmes de sécurité"

Pour Richard Windsor, analyste chez Radio Free Mobile, ces perspectives ne devraient pourtant pas surprendre. "Il est devenu de plus en plus difficile de se développer à des taux si élevés quand un groupe atteint cette taille", écrit-il sur son blog (en anglais). L'analyste ajoute que Facebook est forcé de recruter davantage de personnels pour gérer les tâches comme le filtrage de contenus inappropriés non repérés par l'intelligence artificielle.

"Nous investissons tellement dans nos systèmes de sécurité que cela va commencer à avoir un effet sur notre rentabilité, nous commençons à le voir ce trimestre", a tenté de justifier Mark Zuckerberg. Pour Brian Wieser, expert chez Pivotal Research, Facebook semble avoir atteint un "plafond" dans la croissance de ses revenus par la publicité. Ross Gerber, de la société Gerber Kawasaki, voit dans ces chiffres la preuve que le vent tourne pour les réseaux sociaux : "Ils ont atteint leur pic".