L'Allemagne veut restreindre la collecte de données par Facebook

Le gendarme allemand de la concurrence veut interdire le réseau social de piocher d'autorité dans les informations collectées par des sites tiers ou des filiales comme Instagram et WhatsApp.

Le logo de Facebook, en février 2019.
Le logo de Facebook, en février 2019. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Facebook devra solliciter "l'accord explicite" de ses usagers. Le gendarme allemand de la concurrence a restreint, jeudi 7 février, l'exploitation par le réseau social des données de ses utilisateurs, en lui interdisant de piocher d'autorité dans les informations collectées par des sites tiers ou des filiales comme Instagram et WhatsApp.

Concrètement, le groupe devra solliciter "l'accord explicite" de ses quelque 30 millions d'utilisateurs allemands avant de rattacher à leur compte les données obtenues via des applications qui lui appartiennent, comme Instagram et WhatsApp, ou grâce au bouton "J'aime" inséré sur des pages internet tierces. Chacune de ces sources extérieures pourra continuer à accumuler des informations personnelles, mais il ne sera plus possible pour Facebook de les "fusionner" sur la seule base de ses conditions générales d'utilisation. Faute de quoi Facebook s'expose à une amende pouvant atteindre 10 millions d'euros par mois.

Facebook va faire appel

Dans un communiqué, Facebook a annoncé son intention de faire appel, jugeant que l'Office anti-cartel "fait une mauvaise application" du droit en sous-estimant la concurrence dont il fait l'objet en Allemagne de la part de "YouTube, Snapchat ou Twitter".

"La popularité n'est pas synonyme de domination du marché", se défend le groupe, rappelant qu'il a par ailleurs déjà modifié ses paramètres de confidentialité il y a moins d'un an pour les mettre en conformité avec le Règlement européen de protection des données (RGPD). Facebook, dont le siège européen est basé à Dublin, estime relever de l'Autorité irlandaise de protection des données personnelles et non du gendarme anticartel allemand.