Harcèlement de collégiennes : des plaintes pénales déposées contre Facebook et Snapchat

Deux plaintes ont déposées jeudi auprès du procureur de Nîmes (Gard) visant ces deux réseaux sociaux. Des collégiennes étaient harcelées par des camarades de lycée.

Des applications de réseaux sociaux, le 4 septembre 2018.
Des applications de réseaux sociaux, le 4 septembre 2018. (MUHAMMED SELIM KORKUTATA / ANADOLU AGENCY / AFP)

Les jeunes agresseurs envoyaient des messages aux futures victimes via les réseaux sociaux. Deux plaintes ont été déposées jeudi 27 juin auprès du procureur de Nîmes, visant notamment les réseaux sociaux Facebook et Snapchat, sur lesquels des collégiennes étaient harcelées par des camarades de classe. Le procureur de la République de Nîmes a confirmé à l'AFP qu'un signalement de l'Education nationale avait été effectué le 21 juin dans cette affaire et qu'une enquête était en cours.

La plainte vise Facebook France et Snap group Sas, ainsi qu'un groupe de collégiens nîmois qui se faisait appeler "Netflix" sur les réseaux. "Des photomontages d'enfants, d'adolescents circulent sur (ces) réseaux en causant aux très jeunes victimes des dommages irréparables", a expliqué à l'AFP l'avocate Khadija Aoudia.

"Des menaces réitérées de violences physiques"

"Ces grands groupes qui dégagent des bénéfices considérables doivent protéger les plus faibles. Ils se doivent d'investir dans des paramètres de contrôle pour ne plus diffuser des photos à caractère sexuel concernant des enfants, des adolescents", a ajouté l'avocate, précisant qu'une victime avait 13 ans.

Le réseau Messenger, qui dépend du géant Facebook, et Snapchat, sont visés pour "diffusion d'images et de photos à caractère pornographique" et "complicité de corruption de mineurs". Les collégiens, scolarisés dans le même collège que leurs victimes, sont visés notamment pour diffusion d'images à caractère pornographique, chantage, ou encore violences et agressions sexuelles, selon la plainte.

Ces jeunes agresseurs envoyaient des messages via les réseaux sociaux. Un montrait son pénis par exemple, "mais il y avait aussi des menaces réitérées de violences physiques, des insultes répétées à caractère sexuel. Des photomontages étaient diffusés sur les réseaux sociaux et représentaient des collégiennes en train de pratiquer des fellations", selon l'avocate. Les auteurs faisaient ainsi pression afin d'essayer d'obtenir des faveurs sexuelles. "Pour l'instant, une victime s'est constituée partie civile, mais il y a des faits concernant d'autres jeunes adolescentes", certifie Khadija Aoudia.