Facebook : les parlementaires américains promettent de mieux réguler la plateforme, Mark Zuckerberg se défend

Durant plus de deux heures, une lanceuse d'alerte a étalé avec précision quelques-unes des pratiques du géant californien pour attirer les jeunes utilisateurs.

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France Télévisions
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Frances Haugen devant les sénateurs américains à Washington, le 5 octobre 2021. (POOL / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

"Le Congrès va agir." "Il est temps". Exhortés par une lanceuse d'alerte, les sénateurs américains ont promis, mardi 5 octobre, de mieux réguler Facebook, s'inquiétant de l'influence potentiellement néfaste de ses plateformes sur les jeunes utilisateurs.

"L'époque durant laquelle vous avez envahi notre vie privée, promu des contenus toxiques et utilisé des enfants et des adolescents est révolue. Le Congrès va agir", a lancé le sénateur démocrate Ed Markey lors de l'audition de Frances Haugen, ancienne cheffe de produit chez Facebook.

Durant plus de deux heures, cette trentenaire au ton posé a étalé avec précision et de manière intelligible quelques-unes des pratiques du géant de Menlo Park (Californie) pour attirer les jeunes utilisateurs et augmenter sans cesse leur consommation de ses plateformes, Instagram en particulier. "Vous avez été un catalyseur pour le changement comme je n'en ai encore jamais vu et je travaille sur ces sujets depuis 10 ou 15 ans", a commenté le sénateur démocrate Richard Blumenthal.

"Ils financent leurs profits avec notre sûreté"

"Nous avons encore le temps d'agir. Mais il faut le faire maintenant", a exhorté Frances Haugen, ingénieure qui a quitté Facebook en mai dernier après deux ans passés au sein de l'entreprise, devant les membres de la commission sénatoriale du commerce. "Facebook ne devrait pas être laissé libre de choisir la croissance, la viralité (...) aux dépens de la sûreté du public. (...) Ils financent leurs profits avec notre sûreté."

Pour étayer ses allégations, elle s'appuie sur les deux ans qu'elle a passés au sein de l'entreprise et sur des milliers de documents qu'elle a emportés avec elle au printemps dernier. Déjà présentés, pour partie, par le Wall Street Journal mi-septembre, ils montrent que les chercheurs de Facebook ont mis en évidence le fait qu'une partie des adolescentes utilisatrices d'Instagram sont encore moins à l'aise avec leur corps qu'elles ne l'étaient auparavant.

Dans une longue publication sur sa page Facebook mardi soir, Mark Zuckerberg a défendu son entreprise : "Au cœur de ces accusations réside l'idée que nous privilégions les profits plutôt que la sécurité et le bien-être. Ce n'est tout simplement pas vrai."

L'audition de Frances Haugen, informaticienne de 37 ans, intervenait au lendemain d'une panne gigantesque, sans précédent dans l'histoire du groupe, qui a mis hors service ses quatre plateformes, les réseaux sociaux Facebook et Instagram, ainsi que les messageries WhatsApp et Messenger.

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