Facebook : "C'est absolument urgent de mettre un terme" aux propos haineux sur Internet, d'après le secrétaire d'État chargé du Numérique

Facebook collaborera avec la justice française en fournissant les adresses IP des auteurs de propos haineux.

Le secrétaire d\'État chargé du numérique veut mettre un terme aux propos haineux sur internet.
Le secrétaire d'État chargé du numérique veut mettre un terme aux propos haineux sur internet. (FABIAN SOMMER / DPA)

Facebook va fournir à la justice française l'adresse IP des auteurs de propos haineux sur Internet. Un moyen de réduire le déferlement de haine sur le web, selon le secrétaire d'État chargé du Numérique Cédric O, interrogé sur franceinfo mardi 25 juin. Jusqu'à aujourd'hui, Facebook ne donnait les adresses que dans les cas de terrorisme et de pédopornographie.

franceinfo : C'est un moment important dans la régulation de ce qui se dit et s'écrit sur Internet ?

Cédric O : Oui, c'est très important. Le gouvernement veut faire en sorte de mettre un terme au déferlement de haine sur Internet. Pour cela, il faut d'abord faire en sorte que la justice puisse punir les auteurs de comportements illicites. Et pour les punir, il faut pouvoir les identifier et donc raccrocher un propos tenu à une adresse IP. Aujourd'hui, ils acceptent de collaborer avec la justice française et c'est un progrès essentiel. Ils ne le font que pour la France. Cela a probablement vocation à être étendu au niveau européen. Ça va permettre à la justice française d'être efficace, et de faire baisser, dans les mois qui viennent, le niveau de violence sur Internet. On va pouvoir renverser la peur. Si vous vous comportez mal sur Internet, il y a une chance raisonnable que vous terminiez devant le juge.

Comment ça va fonctionner ?

Si vous êtes victime d'un propos haineux, vous allez dans votre commissariat, le commissariat le transmet ensuite au parquet qui caractérise le propos haineux. C'est à la justice de déterminer si un propos est haineux et si c'est le cas, de poursuivre son auteur. Le parquet fait ensuite une demande à Facebook pour avoir l'adresse IP de la personne concernée.

Vous allez joindre d'autres plates-formes et réseaux sociaux ?

J'espère que ça fera tache d'huile et qu'on pourra faire en sorte que les autres réseaux sociaux collaborent de la même façon. À ce stade, la collaboration des réseaux sociaux américains est perfectible. J'espère que le fait que l'un d'entre eux accepte de collaborer sur une base régulière et systématique avec la justice française permettra de le répandre très largement. Je pense que Facebook le fait pour deux raisons. On arrive à avoir une discussion sur ce sujet, et ils se rendent compte qu'ils ont besoin de la confiance des gens qui sont sur la plate-forme. Celui qui permet de baisser le niveau de haine aura un avantage comparatif par rapport aux autres.

Qu'est-ce qui freine les autres réseaux sociaux ?

Je pense qu'il y a deux raisons qui bloquent les réseaux sociaux américains. Une culture assez différente entre la liberté d'expression et la régulation. Ils ont une sensibilité beaucoup plus forte au respect de la liberté d'expression. Et puis s'ils le font pour la France, d'autres gouvernements moins démocratiques risquent de leur demander. S'ils le font pour la France, c'est grâce à la qualité de la justice française et c'est une décision qui a valeur immédiate.