Cinq études de Facebook où vous avez le statut de cobaye

Le réseau social est très critiqué après une expérience controversée sur les émotions de ses utilisateurs. Mais ce n'est pas une première : le site a une équipe dédiée pour traiter les données de ses 1,28 milliard de membres.

Facebook at Work devrait permettre aux utilisateurs de \"discuter avec des collègues, de se mettre en relation avec des professionnels et de collaborer à des documents\", selon le \"Financial Times\".
Facebook at Work devrait permettre aux utilisateurs de "discuter avec des collègues, de se mettre en relation avec des professionnels et de collaborer à des documents", selon le "Financial Times". (JOEL SAGET / AFP)

Avec 1,28 milliard d'utilisateurs actifs chaque mois, Facebook a son propre laboratoire. Le réseau social, accusé de manipuler les émotions de ses membres, a été obligé de faire son mea culpa après la médiatisation d'une étude réalisée en catimini en 2013 sur près de 700 000 inscrits.

Car tous ces utilisateurs, toutes leurs informations personnelles, tous leurs clics, tous leurs messages sont une mine de données à exploiter. Pour cela, Facebook a une équipe dédiée de scientifiques et publie même une partie de ses recherches sur son site.

Francetv info s'est plongé dans ces études. Voici cinq exemples de ce que Facebook a cherché à savoir sur vous.

Comment vous vous rapprochez de vos amis

L'empathie fonctionne-t-elle sur Facebook ? Pour le savoir, les chercheurs du réseau social ont mené une expérience "massive" sur 689 003 utilisateurs choisis au hasard. Ils ont modifié leur fil d'actualité : les uns ont vu moins de statuts négatifs, les autres moins de statuts positifs.

Conclusion des auteurs : la "contagion émotionnelle" est un véritable phénomène sur le réseau social. En résumé, si vos amis partagent majoritairement des statuts déprimants, il est possible que vous ayez le cafard et que votre prochain statut Facebook ne soit guère plus réjouissant.

Comment vous vous auto-censurez

Facebook scrute même ce que vous ne dites pas. Ce statut que vous tapez et que vous renoncez finalement à poster. Au mois de juillet 2012, le réseau social a étudié les comportements de 3,9 millions d'utilisateurs anglophones.

Selon les résultats de cette expérience, 71% des personnes dans ce panel ont adopté une forme d'autocensure : ils ont commencé à écrire un message, mais l'ont effacé au dernier moment. Et tout cela dépend de votre auditoire.

Comme le résume Wired (en anglais), poster un message à destination de tous vos amis ou de tous les utilisateurs du réseau donne souvent lieu à une certaine hésitation, car l'audience est diverse. En revanche, les membres de Facebook ont souvent bien moins de réserves quand il s'agit de commenter sur le message de quelqu'un d'autre : l'audience semble plus ciblée, elle fait moins peur.

Comment votre couple se porte

Facebook peut-il deviner avec qui vous êtes en couple juste en regardant votre liste d'amis ? La réponse est plutôt oui, selon une étude réalisée en 2013 et qui a porté sur environ 1,3 million d'utilisateurs du site.

En résumé, plus votre compagnon ou compagne et vous-mêmes avez de cercles d'amis différents en commun, plus votre relation est facile à détecter. "Un partenaire est un pont entre les différentes communautés d'une personne", résume l'un des auteurs de l'étude au New York Times (en anglais).

Le journal remarque que si, au contraire, l'algorithme de Facebook ne fonctionne pas et donc si vos cercles d'amis en commun ne sont pas très variés, cela ne sent pas bon pour votre couple. "Les relations qui durent sont celles où l'autre personne élargit votre monde", résume le New York Times. Et ce sont les données recueillies sur le réseau social qui le confirment.

Comment vous vous rapprochez

Pour cette étude, les cobayes ont été recrutés par des publicités sur Facebook et par email. Le site a étudié, en 2011, le réseau de 3 649 membres et leurs relations avec 26 134 amis.

Selon l'étude, plus vous échanger des messages et des commentaires substantiels avec vos amis sur Facebook, plus vos liens s'intensifient. L'influence du réseau social sur ces rapprochements est plus faible si vous interagissez déjà par d'autres biais (téléphone, repas, sorties...), par exemple pour les membres d'une même famille.

Mais même-là, Facebook peut être utile, s'enthousiasment les auteurs de l'étude. D'après eux, "les frères et sœurs, les enfants, les parents apprécient que le site révèle une autre facette de leurs proches".

Comment vous êtes incités à aller voter

Et si Facebook était le meilleur rempart contre l'abstention ? Le réseau social s'est intéressé à sa capacité à diriger les foules vers l'isoloir, en étudiant les messages de mobilisation délivrés à 61 millions d'utilisateurs lors des élections américaines pour renouveler le Congrès en 2010.

Le jour du vote, les utilisateurs ont reçu un message les invitant à aller voter, accompagné de photos de leurs amis qui avaient déclaré s'être déjà rendus aux urnes. Le dispositif a été efficace, résume le New York Times (en anglais). Selon l'étude, ce dispositif a permis de générer 340 000 votes supplémentaires à travers l'ensemble des Etats-Unis.