Censurées sur Instagram, des féministes poursuivent Facebook en justice et dénoncent un "deux poids, deux mesures"

Quatorze personnes ont assigné en référé Facebook, qui détient Instagram. Par cette procédure, auprès de la chambre civile du tribunal judiciaire de Paris, elles veulent contraindre le réseau social de dévoiler ses méthodes de modération.

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Radio France
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Illustration Instagram et Facebook. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

L'exemple le plus flagrant et récent de la censure mise en place par Instagram, selon ces Instagrameuses et Instagrameurs qui la dénoncent, c'est une question posée en janvier dernier : "Comment faire pour que les hommes arrêtent de violer ?" Tous les messages et toutes les publications autour de cette question ont été supprimés. "Il y a clairement deux poids, deux mesures", s'indigne Elvire Duvelle-Charles, co-créatrice du compte Clit revolution. Elle fait partie des 14 personnes qui ont assigné en référé Facebook, à qui appartient Instagram et dont les comptes comptabilisent plus d'un million d'abonnés. "Au final, on se rend compte qu'Instagram peut être réactif quand il s'agit de dépublier ou de supprimer des comptes de féministes et, à contrario, on continue à avoir de toute façon de la pornographie ou de la pédopornographie sur ces réseaux-là, et qui va tenir plus longtemps. C'est ça qu'on veut questionner."

Exemple avec Chloé Nabesta, un activiste non-binaire qui a vu plusieurs de ces publications refusées. "Ça m'est déjà arrivé que des photos soient censurées pour incitation à la haine ou nudité et acte sexuel alors que je n'étais pas nu sur les photos." Dans le même temps, les messages d'insultes que Chloé Nabesta reçoit, eux ne sont pas sanctionnés.

"Par exemple, j’ai reçu récemment un message de quelqu'un qui me disait : 'Va crever sale tarlouze.' Du coup, j'ai essayé de signaler ce message. Immédiatement, j'ai reçu une notification qui m'a dit que ce message respecte les règles de la communauté. En fait, il n'a pas été supprimé et le compte n'a pas été reporté."

Chloé Nabesta

à franceinfo

Fort de ce constat, 14 personnes ont donc assigné Facebook en référé. Elles demandent au juge de désigner un expert, et de contraindre le géant américain à remettre à cet expert tous les éléments qui concernent la modération. Deux avocates ont rédigé cette assignation, Louise Bouchain et son associée Valentine Rebérioux : "On n'a pas à subir des non règles de Facebook, c’est fini ! Le droit s'applique à ces sociétés et nous, on veut comprendre comment elles fonctionnent en termes de modération pour que les réseaux sociaux redeviennent ce qu'ils sont initialement, c'est-à-dire des espaces de partage et de communication sans haine et sans appel à la violence permanente."

Pour ces activistes et militantes, la question n'est pas anodine. Il en va de la liberté d’expression. Le réseau social Instagram est un mégaphone très important pour diffuser leurs idées mais également dans l'éducation à la sexualité.

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