Singapour : Facebook rectifie un message posté sur le réseau social à la demande du gouvernement

Le réseau social s'est conformé pour la première fois à une loi locale controversée pour lutter contre les fausses informations. Des militants redoutent toutefois de voir ce texte utilisé pour limiter la liberté d'expression. 

Les autorités de Singapour ont ordonné, samedi 30 novembre, au réseau social Facebook de rectifier un post sur le réseau social, une première.
Les autorités de Singapour ont ordonné, samedi 30 novembre, au réseau social Facebook de rectifier un post sur le réseau social, une première. (DADO RUVIC / REUTERS)

Reprise en main. Facebook a publié, samedi 30 novembre, un rectificatif à la demande de Singapour sur un message posté par un utilisateur, se pliant pour la première fois dans la ville-Etat à une loi controversée pour lutter contre les fausses informations. Les autorités singapouriennes avaient ordonné au réseau social américain de rectifier ce message promouvant un article publié sur un site antigouvernemental et contenant, selon elles, "des accusations diffamatoires" de manipulations des élections.

La loi donne aux ministres le pouvoir de demander aux plateformes internet d'accompagner d'avertissements des messages qu'ils jugent faux. Un message publié par Alex Tan, à la tête du site States Times Review, est ainsi accompagné d'un avis rectificatif à la demande du gouvernement singapourien. Ce texte explique que "Facebook est dans l'obligation légale de vous informer que le gouvernement de Singapour assure que ce message contient de fausses informations". Il contient un lien avec le site de fact-checking du gouvernement. 

Facebook plaide pour une application "mesurée"

Le réseau social assure avoir dû se conformer à la demande que lui ont alors adressée les autorités. "Etant donné que la loi n'est entrée en vigueur que récemment, nous espérons que les assurances du gouvernement de Singapour selon lesquelles elle n'aura pas d'impact sur la liberté d'expression conduiront à une approche mesurée et transparente pour sa mise en œuvre", a réagi samedi un porte-parole de Facebook.

Des militants redoutent de voir cette loi utilisée par le gouvernement pour limiter la liberté d'expression. Singapour y avait eu recours pour la première fois lundi en ordonnant à un membre d'un parti d'opposition, Brad Bowyer, de rectifier un message publié sur Facebook susceptible selon les autorités d'"attenter à la réputation" de deux fonds d'investissement étatiques. Bowyer, naturalisé citoyen de Singapour et originaire du Royaume-Uni, s'est immédiatement exécuté.